Le vote cette semaine d’une motion en hommage à Rénor Ilmany et Georges Marie-Louise, tués lors des événements de Chalvet en 1974, suscite des débats passionnés dans nos colonnes. L’nterview de l’un des témoins de cette période, le père Le Quérré, réalisée par l’hebdomadaire Antilla n° 1077 du 11 février 2004 sous le titre : « Affaire Chalvet, un autre regard », apporte, comme l’indique son titre, un autre regard sur les événements de 1974.
"Arrivé à trente-trois ans à la paroisse du Lorrain, le Père Le Quéré a été témoin d’un bon nombre d’événements de la tragique grève des ouvriers agricoles de 1974. Alors qu’en 2004 on commémore les trente ans de cet événement, nous vous proposons un angle inédit narré par l’un des acteurs spectateurs qui n’en a jamais parlé jusqu’à ce jour.
Antilla : Vous avez été un des témoins de Chalvet dont on commémorera le trentième anniversaire cette année. Quels sont les souvenirs que vous avez de cette partie de l’histoire madininaise ?
Père Yves Le Quéré – Je suis arrivé au Lorrain (et à Ajoupa-Bouillon) en octobre 1973, et à mon arrivée, le prêtre précédent m’a présenté les bâtiments, et me disait : « Voilà la salle que l’on appelle la salle des œuvres qui peut contenir deux cents à deux cent cinquante personnes, au rez-de-chaussée, et puis, il y a des salles en haut.
Elle sert pour le catéchisme, la réunion des parents. Mais tu sais, je la prête aussi, de temps en temps, aux syndicalistes du monde de la banane. Etant donné que M. Pernock, le maire, ne veut pas donner de salle aux syndicats.
Alors tu feras comme tu voudras ». Je dis : « Bon d’accord, aucun problème ». Et puis voilà qu’effectivement, en fin novembre, j’ai une demande de la CGTM pour une réunion conduite par M. Lamon, dans la salle. Je dis : « Oui d’accord, vous pouvez utiliser la salle ». La réunion s’est passée un dimanche matin, très bien, dans le calme.
Et j’avais réfléchi parce que, déjà, à ce moment-là, des menaces de tensions commençaient, ça n’allait plus tellement au niveau du secteur bananier, des ouvriers agricoles en particulier mal payés. Et voilà, ça se passe bien, comme je vous l’ai dit.
Au mois de janvier, le 2 janvier, j’ai deux personnes, deux femmes d’Ajoupa-Bouillon qui viennent me trouver en me demandant la salle pour une réunion en faveur des ouvriers agricoles qui allaient se mettre en grève, étant donné la situation vraiment précaire qui était la leur. J’ai dit : « Oui, il n’y a pas de problème ».
Quatre ou cinq jours après je reçois la visite d’un petit groupe de personnes qui viennent me dire : « Comment ça, vous avez prêté la salle à ces gens-là … ce sont des révolutionnaires ! Ils n’ont rien à voir avec la banane ! Ce sont des intellectuels de Fort-de-France, ils veulent foutre la pagaille ! etc. Il faut que vous supprimiez cette réunion ! Moi, je leur dis : « je ne suis pas d’accord pour supprimer, j’ai prêté, j’ai dit oui, c’est oui. Je ne peux pas retourner sur ma décision… ». « Ah, vous allez voir, ça va chauffer, si c’st comme ça, vous allez regretter ». J’ai dit : « non, je ne vais pas regretter ».
Et puis, en réfléchissant, je m’aperçois que les deux dames en question étaient deux employées municipales d’Ajoupa-Bouillon dont le maire, M. Jean-Elie, venait d’être élu, je crois, au mois de mai de l’année précédente.
Antilla : De quel parti ?
Père Yves Le Quéré - Du GRS. Du Groupe Révolution Socialiste. Et voilà. Le jour de la réunion arrive, un samedi matin.
Et je vois deux personnes âgées qui montent, qui rouspètent. « On nous a empêchés de monter au presbytère ! ». Je dis : « Mais comment ça on vous a empêchés de venir au presbytère ? ». « Oui il y a des gens qui font barrage en bas pour empêcher aux gens de monter au presbytère ».
Alors on leur a dit on vient pour payer les confréries, ils nous ont laissé passer ». Je regarde et, effectivement, je vois comme un cordon au bas du petit morne qui monte de l’église au presbytère. Et qui empêchait les gens d’entrer au presbytère. Au bout de quelques temps je m’aperçois qu’il y a quelques attractions. Je dis : »Hou la la, ça commence.
Antilla : C’étaient des civils ce petit groupe de personnes ?
Père Yves Le Quéré - Oui c’étaient des civils. Alors tout à coup au bout d’une demi-heure, je vois un groupe qui entre par le fonds du presbytère, par la route qui longe le cimetière et qui passe devant la gendarmerie. Et là, la porte du jardin était ouverte, donc ils sont entrés par là et ont investi la salle. C’était le groupe qui avait demandé la salle.
Antilla : Et le groupe qui était en bas ?
Père Yves Le Quéré - Et le groupe qui était en bas, c’étaient les militants de la CGTM. Et les autres ils étaient du nouveau syndicat UGTM. Alors quand la CGTM a vu qu’elle avait été eue, ils sont montés dans la salle et se sont mis en arrière.
Et puis, là, ça a commencé. Alors, un brouhaha, des disputes. Ho la la … je me suis dit : comment ça va se terminer ?... » Alors, au bout de quelque temps, je me dis : « il faut quand même que je… » Alors, je vais les voir et je vais essayer de les raisonner.
Antilla : Et c’étaient des disputes à propos de quoi ?
Père Yves Le Quéré - A propos des ouvriers agricoles. C’était en fait, un syndicat ancien qui se faisait supplanter sur le terrain par un syndicat nouveau, UGTM, donc plutôt révolutionnaire, gauchiste, issu précisément du groupe de M. Jean-Elie.
Antilla : Le maire d’Ajoupa-Bouillon…
Père Yves Le Quéré - Bon alors je vais, je leur explique. Et je vois effectivement, devant, ça n’avait pas l’air d’être des ouvriers agricoles. C’étaient plutôt des intellectuels. Je ne dirai pas les noms. J’en connais quelques-uns (sourire). Et au fond, ils rouspètent, ils rouspètent : « Bon kité labé-a palé ! ».
Moi, je dis : « Bon, vous êtes en réunion, je vous ai prêté la salle, vous vous disputez… Ce n’est pas comme ça vous allez défendre l’intérêt des travailleurs de la banane.
Il faut vous mettre d’accord, d’ailleurs, si je vous ai prêté la salle, c’est pour une réunion, pas une désunion… » Mais à ce moment-là, je n’avais pas encore bien compris le pourquoi de ces disputes. Si ce n’est que les autres, la CGTM, disaient que c’était un groupe révolutionnaire qui foutait la pagaille. Alors je demande les cartes : « qui a sa carte syndicale ? Alors ceux du fond m’amènent tous leur carte syndicale.
Ceux de devant n’avaient pas de carte syndicale. Oh la la, ça disputait : « Wè zot wè yo pa ni ayen, y opa ni kat, sé pa moun ka travay da la bannan ki la !... » Je dis : « Puisque c’est comme ça, ce n’est pas la peine… C’est dommage, les ouvriers de la banane ont besoin de vous pour que vous les défendiez, c’est une juste cause, ils sont vraiment très, très mal payés, il faudrait quand même les défendre. Et ce n’est pas de cette manière-là que vous allez les défendre correctement ». Et j’ajoute : « Quand vous vous serez mis d’accord, vous reviendrez et je vous prêterai la salle. Mais pour aujourd’hui, je pense que ce n’est pas nécessaire ». Ils sont tous sortis sagement. Mais dehors, il y a eu altercation quand même. Voilà. C’était au mois de janvier. J’ai tout noté dans le journal paroissial du Lorrain.
En tout cas, toujours est-il que quelques jours après (la grève avait commencé), un matin, je me souviens, il faisait sombre, le ciel était bas, il n’y avait pas un chat dans les rues du Lorrain. Et tout à coup il y a eu un groupe d’ouvriers agricoles qui passe, avec coutelas, assez mal vêtus, d’ailleurs. On voyait que c’étaient des ouvriers qui allaient au travail dans la banane.
Et par la suite j’avais appris qu’ils sont passés dans les hangars de banane, que ce soit à Fond Brûlé, Vive, etc. Et ils arrivent à Chalvet. Et là à Chalvet, ce qui s’est passé … il y a eu certainement de la part de la préfecture beaucoup d’erreurs. Très graves même. Au niveau de Chalvet, voyez, il n’y avait que des plantations d’ananas. On ne va pas dans les ananas comme ça si on n’a pas des bottes et les affaires qu’il faut.
Et là, je ne sais pas, c’était un ordre de la préfecture probablement : on demandait aux gendarmes de se mettre par-devant le cortège et un autre groupe de gendarmes par derrière pour les coincer, pour qu’ils se dispersent. Mais ça leur était difficile de se disperser dans les ananas. Et là, ils étaient à Vivé (? ?) Il n’y avait pas d’arbres. Maintenant il y a des arbres là, mais dans le temps il n’y en avait pas.
Et bon, à l’arrière probablement, les gendarmes ont dû trop pousser, et puis il y en a eu un qui a été blessé à coups de coutelas et ils allaient, paraît-il l’achever. Enfin, c’est une version qui m’a été donnée (des deux côtés différents, d’ailleurs). Et comme les gendarmes ont vu qu’ils allaient achever leur homme qui était à terre, alors, ils ont rafalé.
Antilla : Ils ont rafalé où ?
Père Yves Le Quéré - Ils ont rafalé dans la foule. Et il y a eu un, Ilmany, qui a été blessé à mort.
Antilla : Certaines versions parlent d’un hélicoptère…
Père Yves Le Quéré - Je n’ai pas eu cette version. Mais pour l’hélicoptère, j’ai une autre précision à donner, mais c’était après. Pour les obsèques de M. Ilmany. Donc Ilmany est décédé. Monseigneur Marie-Sainte m’appelle, il me dit : « je voudrais voir la famille ».
Je vais avec lui pour voir la veuve et les enfants, on parle et l’enterrement est fixé. C’était le jeudi à seize heures. Effectivement, ce jeudi-là je descends en ville, à l’Evêché, et au retour de l’évêché, là ou est France-Antilles, je vois la Supérieure des Sœurs de l’hôpital du Lorrain qui faisait du stop. Alors je la prends en stop.
Et je lui dis : « J’ai entendu tout à l’heure à la radio que ça va barder au Lorrain ce soir, ils appellent tous les gens à venir manifester pour les obsèques d’Ilmany… Comment ça va se passer ? » Elle me répond : « Eh bien si vous voulez on va s’arrêter à l’hôpital du Lamentin et on va voir la sœur Claire, on va voir si Ilmany est toujours à la morgue ». Je vais avec la Sœur Claire à la morgue et elle me montre effectivement le corps d’Ilmany qui était là (il était midi à peu près) tout nu, avec… On voyait qu’ils avaient fait l’autopsie, ils avaient recousu… J’entends encore à la radio : « Tous cet après-midi au Lorrain, à seize heures… ». Dix minutes après mon arrivée au Lorrain, le maire Pernock m’appelle, en me disant : voilà, vous allez faire l’enterrement de M. Ilmany à tout à l’heure, à deux heures et demie ! ».
M. le Maire… ce n’est pas possible … deux heures et demie.
De toute façon j’ai vu il y a quelques instants le corps au Lamentin, il n’était même pas encore en bière… ».
« Si, si, si, j’ai donné l’ordre pour que le corps arrive ici à deux heures et demie et que vous fassiez l’enterrement tout de suite ! ».
Antilla : Comment avez-vous réagi ?
Père Yves Le Quéré - J’ai dit : « il n’en est pas question, M. le maire. Là, il n’en est pas question. C’est la famille qui décide, ce n’est pas vous ni moi. Moi, j’ai dit à la famille seize heures, je maintiens seize heures ! ». Il se fâche en me disant : « Vous serez responsables des événements qui vont se produire ! » Je lui réponds : « Moi, je n’y peux rien… au contraire ! Si je fais l’enterrement à deux heures et demie, c’est moi qui vais tout prendre ! ».
Monseigneur Marie-Sainte m’a dit qu’il pensait célébrer la messe pendant l’enterrement, alors que deux ou trois mois auparavant, on avait décidé qu’il n’y aurait plus de messe aux enterrements. Vers trois heures je reçois de nouveau un coup de fil de la Guadeloupe. C’était l’UGTG qui me demandait de transmettre un message de sympathie aux militants UGTM de Martinique.
Je prends le message et je vais à l’église. Au lieu d’aller par l’intérieur de l’église, je vais par le fond. Et quand j’arrive au fond… Quand j’ai vu ça… Mon Dieu… Une cohue ! Des gens avec des drapeaux rouges, une pagaille monstre… J’entends :
E ki sa vié blan an ka vini fè la ?
Kitéy, kitéy ! Sé labé a…
Ah cé labé a…
Ils me passent leur porte-voix et je lis le message. « Ah ! mèsi misié labé, mèci misié labé ! ». Et je retourne au presbytère. Monseigneur Marie-Sainte arrive à quatre heures moins le quart et je lui décris un peu la situation et lui confie : « Je ne vois pas comment je vais assurer la messe… ». Il n’y avait pas un chat au Lorrain, pas la chorale, il n’y avait que des gens venus de je ne sais où.
Et particulièrement excités. « Oui on peut se passer de la messe ». Donc on descend, il est quatre heures, quatre heures cinq. On voit quelques journalistes, (là sourire). Monseigneur Marie-Sainte me dit : « Bon, tu vas chercher le corps au fond ». « Ah bon… ». « Je vais attendre ici ». Je vais au fond, je commence ma prière et, à peine ai-je commencé que quelqu’un vient me dire : « Eh ! Misié labé ! Non, non, sé pa jodi a nou ké fè lenterman an... Nou pas sav si sé Ilmany ki an bwet là, fanmi an pa dako, i pa wè ko misié a, i pas sav si sé li ki adan ! Nou ké fè en kont otopsi ! Ah, ben, écoutez, il faut que je voie la famille, Monsieur… ! Avec la foule, le bruit, je ne l’avais pas reconnu tout de suite, alors que je le connaissais bien.
Antilla : C’était qui ?
Père Yves Le Quéré - C’était M. Cerland, le maire communiste du Macouba qui me dit : « Non, la famille, elle est là, elle est dans la sacristie… ». Je vais voir la famille. Là j’entends qu’il y en a dans la foule qui se mettent à rouspéter : « Non ! cé jodi a lentèrman ! »
Nou ké ouvè bwet la, nou ké wè si sé Ilmany ki adan, et si i adan, kouté labé, ou ké fè lentèrman. Si ou pa lé fèy, nou ni an lot labé ki ké fey ban nou ». Arrivé à la sacristie, la famille me confirme qu’elle n’a pas vu le corps du défunt. Sur le cercueil, il y avait un régime de banane, en dessous également, avec une inscription : « Mort pour soixante-six ou soixante-deux francs » . Je ne me rappelle pas exactement du chiffre. Après avoir vu la famille, je m’avance vers Monseigneur Marie-sainte et lui dis : « Je ne sais pas ce qui se passe… ». Il me dit : « Bon, écoute, je m’en vais, ce n’est pas la peine que je reste là… ». « Non, ce n’est pas le moment de partir… ».
Il était trouillard, le bonhomme (sourire). Je m’en vais et je dis aux gens rassemblés : « l’enterrement n’aura pas lieu aujourd’hui, je suis navré, la famille m’a dit qu’il y aura une contre autopsie ». Je remonte au chœur et tout à coup j’entends : « Bo ! Bo ! Bo ! Bo ! ». « De gros coups de marteau ». Et puis, wop ! Tout le monde a disparu. Plus de cercueil. Ils étaient partis avec !
Quelques instants après, je reçois un coup de fil de M. Pernock : « Voyez-vous ce que je vous avais dit ! Alors, paraît-il que le corps a disparu ! ». « Ah moi, je ne sais pas s’il a disparu... Il est parti de l’église, en tout cas ! Ah ! je peux vous le dire, il n’y est plus ! ». Mais dans quelle direction sont-ils allés ? ». « Alors, moi, je ne sais pas… Il y avait tellement de cohue que je ne sais pas si c’est vers le Marigot ou vers Basse-Pointe qu’ils sont partis ».
Et vers les six heures, le soir, M. Cerland (maire communiste de Macouba) vient me voir : « Ecoutez, Père, vous savez que le corps est chez moi… ». « Ah bon ? ». « Vous avez vu un peu… Là on aurait fait l’enterrement dans une pagaille pareille. C’est inadmissible ! Alors c’est un stratagème que j’ai eu pour qu’on ne fasse pas l’enterrement aujourd’hui. Est-ce que vous pouvez faire une veillée ce soir chez moi, à la maison ? ». Ce qui s’est passé, c’est que, quand les gens ont ouvert le cercueil, ils ne savaient pas comment découper le zinc. Et Cerland a dit : « Emmenez-le chez moi, j’ai mon voisin qui est plombier… ». Ce qui était vrai.
Je lui demande : « Mais c’était bien lui qui était dedans ? ». « Oh, mais on n’a même pas regardé. Bien sûr que c’était lui qui était dedans ». C’était un stratagème pour retirer le cadavre des mains du syndicat UGTM pour que la CGT puisse reprendre ».
« Mais M. le Maire, quand se passera l’enterrement ? ». « Demain ». « M. le Maire, je veux bien, mais à condition que ça se passe dans l’ordre. Je ne veux pas de pagaille. Je ne veux aucun drapeau, de quelque couleur qu’il soit dans l’église. Que tout se passe bien ». « Soyez tranquille, toutes les délégations CGTM de Martinique seront là. On va bien organiser cela, ça va être digne, ça va être beau, ça va être bien ».
Je suis donc allé faire un peu de prière avec la famille le soir. Tout était calme. Et le lendemain, à seize heures, a eu lieu le deuxième enterrement. Tout s’est déroulé correctement, il y avait foule. C’était digne, c’était beau. Et, à la sortie, au lieu d’aller directement au cimetière, ils ont voulu faire un petit tour du bourg en passant devant la gendarmerie, entre autres. Et c’est là qu’il y a eu l’affaire de l’hélicoptère.
Antilla : Que s’est-il passé exactement ?
Père Yves Le Quéré - L’hélicoptère a suivi tout le cortège, depuis l’église jusqu’au cimetière. Et ça, ça a excité les gens. Moi-même, ça m’avait mis en colère. Les gens sont calmes, les gens sont bien et cet hélicoptère vient pour les exciter ! En passant devant la gendarmerie, évidemment, il y a eu quelques insultes envers les gendarmes ! Tout cela était normal. Mais tout se passait correctement. Le lendemain, j’ai écrit au préfet. C’était Orsetti, un Corse, pour lui dire que je ne comprenais pas comment se fait-il qu’il avait envoyé un hélicoptère pour surveiller le cortège d’enterrement, alors que tout était calme et qu’il n’avait eu comme résultat d’exciter davantage les gens. Il m’a répondu… Vraiment, il faut prendre des gens pour des imbéciles… Donc il me répond : « Mais non, l’hélicoptère était là dans une mission habituelle et normale que l’on fait assez fréquemment : la surveillance des côtes ». C’est extraordinaire. Je n’ai jamais vu un hélicoptère surveiller les côtes du Lorrain pendant les dix-sept ans où j’y étais. Après, il y a eu le deuxième cadavre découvert au bord de l’embouchure de la rivière Capot. On n’a jamais su ce qui s’était passé. Là, l’enterrement avait lieu au Marigot. Quelque temps après, il y a eu des négociations.
Les choses se sont calmées. Ce qui m’a le plus frappé dans cette histoire, c’est qu’il n’y aurait pas eu dégât si les syndicalistes (ou les partis politiques qui étaient derrière) n’avaient pas attisé. Parce qu’ils n’étaient pas d’accord entre eux, là, c’était clair, c’était net. Or, je n’ai vu nulle part dans aucun journal, aucune revue, aucune émission, qu’en dessous de cela il y avait une guerre des syndicats. Et qui a commencé lorsque l’UGTM a pris naissance. La CGTM s’est sentie quelque peu dépassée. Et effectivement, j’ai entendu, une ou deux fois des gens me dire : « Oui la CGTM, en fin de compte, ne s’est jamais tellement occupée des ouvriers agricoles. Ils étaient plus intéressés par les dockers, les gens de la fonction publique, etc. ».
Antilla : C’est peut-être pour cela qu’ils ont été un peu inquiets quand l’UGTM est venu sur leur terrain ?
Père Yves Le Quéré - Voilà. Mais attention. Je ne veux pas faire de polémique. Simplement ce que j’ai vu et que je raconte aujourd’hui, je ne l’ai jamais vu écrit, ou raconté à la radio, par exemple. Alors que cela s’est aussi passé ainsi. Vous savez, quand je suis arrivé au Lorrain et à Ajoupa-Bouillon (cela faisait 3 ans que j’étais en Martinique), j’ai vraiment senti qu’il y avait chez ces ouvriers agricoles beaucoup de travail, beaucoup de fatigue et de travail dur… Et quand j’ai su combien ils étaient payés j’ai eu mal au cœur. Je comprenais bien leurs revendications… ils avaient raison. Mais comme je l’ai dit, c’est dommage qu’ils n’aient pas été soutenus par des syndicats qui soient unifiés et qui portent vraiment leurs problèmes ensemble.
". Ils se sont entretués pour des postes et le pouvoir."
arme blanche ? arme à feux ?
l’exagération est contre productive, ici elle fait rire ......lol
Oui , oui ils font avancer les Martiniquais, cette bande de bergers auto-proclamés, oui, ils font avancer le troupeau vers le ravin mortel de l’indépendance, troupeau aveuglé par les éclairs de l’orage factice qu’ils créent à coup de feux d’artifice révolutionnaires aveuglants..
"Bèè bèè bèè, suivez nous, c’est par là votre salut, disent ils, nous, nous connaissons le bon chemin, oyez , oyez, l’orage gronde, celui du colonialisme, voyez, voyez les éclairs mortels de la pwofitasion, suivez nous, car votre salut en dépend. Nous, nous savons, suivez nous, sur le sentier de la Kollectivité inique autonomie, allez, n’ayez pas peur, nous savons, POUR VOUS, qu’ au bout c’est le paradis".
Difficile de ne pas déceler un inculte de droite.
Inculte car l invective est vraiment de haut niveau...
L’ennui nous envahi en lisant ses accusations datant d il y a au moins 2 siècles...
What else ?
C’est vrai, cette affaire est bien l’aboutissement d’un combat de syndicalistes. Le GRS et le parti communiste, par l’intermédiaire de leur syndicat respectif, l’UGTM et la CGTM, ont donc été à l’origine de la mort d’Ilmany. Ils se sont ensuite disputé le corps du défunt comme un trophée à l’intérieur même de l’église. Et puis, quelques-uns étant devenus historiens et hommes ou femmes politiques, ils ont entrepris de réécrire les faits à leur façon.
Reste à entendre ce que pense le docteur Aliker, celui des deux médecins qui se situe au-dessus de la mêlée.
Anaconda, le docteur Aliker aurait pratiqué l’autopsie du corps de Geaorges Marie-Louise.
S’il sait des choses, il est important pour tous les Martiniquais que la vérité soit connue, d’autant plus que le docteur Aliker a toujours répété que les vrais spécialistes des affaires martiniquaises, c’étaient avant tout, les Martiniquais.
Alors, qu’il parle ; car l’histoire de la Martinique n’est pas une affaire de ’’Droite’’ ou de ’’Gauche’’.
Pour cette fois, faisons taire nos sensibilités et nos rencoeurs, et oeuvrons pour une cause juste : La vérité.
la vérité ?
Nouvet Gérard assassiné par un garde mobile et Ludosky blessé.
Tous deux lycéens au Lycée Schoelcher, internes en sortie du jeudi après midi, pas politisés , pas manifestants, juste debout à la Sorbonne, face à la pharmacie Cherchel sur la place devant ce qui était le Prisunic.
Un camion de garde mobiles remonte la rue de la République, des détonations, le trou noir, Ludosky se réveille plus des heures aprés à l’hôpital, il apprendra plus tard que son copain avec qui il était, loin de toute manifestation, est mort.
Aucun procès, aucune condamnation.
Le pére de la victime a été poussé à ne pas porter plainte , il était proche du maire de droite de la commune : Marius Stéphanie.
YLM pourrait nous faire un topo sur ce sujet, c’était sur le secteur de Fort de France, les deux jeunes sont du Vert Pré et du Robert comme lui, il peut facilement donc toucher l’ancien maire, des anciens collègues policiers et lui même doit avoir des éléments.
Là c’est un meurtre gratuit, impuni, raciste.
Pas porteur car sans syndicaliste ou indépendantiste ?
Toutes les vérités ne seraient elles pas bonnes ?
Pas de diversion ! Pour l’heure : concentrons-nous sur Chalvet ! Même s’il semble que cela te dérange camarade que la rivalité entre syndicats soit l’un des facteurs déterminant de la tournure prise par ces évènements.
Après... Promis on ouvre le dossier Nouvet car c’est vrai aussi toute la vérité doit être faite sur cette affaire... Même si elle dérange et quelque soit QUI elle dérange.
rien ne me dérange, simplement quand on veut la vérité il ne faut que sa recherche soit sélective, simplement en fonction de ses "obsessions".
Qu’il y ait eu des rivalité entre syndicats, c’est chose normal partout et sauf à être un bisounours, qui peut croire qu’il peut en être autrement.
Mais cela ne doit pas être alibi pour dédouaner les gendarmes
Le gaullisme cher à notre "historien" n’est il aussi le géniteur du SAC qui a liquidé au sein même de la droite.
Le gaullisme et la droite n’ont ils pas eu aussi Fontanet, De Broglie, Boulin... des morts physiques, mais aussi des liquidations politiques Barzach, Noir, Balladur, Chaban, etc......
Donc quand on veut être Monsieur Propre, il ne faut pas mettre des ordures sous le tapis.
Traiter l’affaire Nouvet de "diversion", c’est pour moi la considérer comme "un point de détail".
et vouloir instiller perfidement l’idée que Marie Louise a été tué par des syndicalistes.....
De DeGaulle à Giscar ont se fait assassiner,Physiquement et Politiquement... !!!
Sous les Quatorze ans,du Reigne de Mit-Errant, ont se fait suiccider, Politiquement et Physiquement... !!!
Nous sommes dans une ile de 1124 km2, sans constitution, sans état, sans pouvoir particulier ; donc je ne vois pas en quoi la France peut être prise en exemple...
Mais,
Cela me confirme bien que dès que nous serons indépendant, ce sera le règne du makoutisme et de la dictature.
un gaulliste avéré se reconnaît dans les propos et pour dédouaner ses maîtres, charge Miterrand quand personne n’a revendiqué d’être, si cela à jamais existé, "miterrandiste".....on voit donc la faiblesse pour ne pas dire l’absence d’arguments.
Je demande simplement qu’on s’occupe de tous les meurtres avérés du colonialisme français, Miterrand inclus, et surtout avec le même zèle et non pas pour chercher à dédouaner uniquement le bon maitre.
D’ailleurs il faudrait pouvoir expliquer ce qui peut faire un individu, chercher à tout prix à procéder ainsi.
Est ce par ce qu’il croit qu’être français c’est un honneur que lui a accordé le maître et devoir sans cesse lui donner des gages de fidélité, alors même que le maître n’en a que faire de ce qu’il peut penser, lui l’enfant illégitime des îles , comme des légitimes de France.
Quel peut être ce besoin "affectif" chez un adulte ?
Le Livre Noir du colonialisme de Marc Ferro
écrit par un fils légitime.
Comme quoi c’est le colonisé le meilleur défenseur du colonisateur.
syndrome de Stockholm ?
Quelque soit la conception des uns et des autres sur cette épisode de notre histoire, elle ne peut que nous servir de béquille pour la marche future.Mais une interrogation demeure et je pense qu’ilfaut la poser paceque selon moi elle est volontaire écartée la force dite de "l’ordre" était obligée de tirer.Je m’interroge sur le faite que 6 ans plutôt c’est à dire l’ors des évenements de 1968 il y eut TROIS MORTS ACCIDENTELS SI MES SOUVENIRS SONT BONNES,autrement dit la forcede lordre n’à pas eu l’ordre de tirer pourquoi ?Je poursuis 1ANS PLUTÖT 1967 la "force" de "l’ordre" tire en GUADELOUPE 120 MORTS pourquoi ce differentiel, et tenons nous bien celà peut TOUJOURS se reproduire chez nous, et contre nous ?
Certains dans leur bonté et une une subite impartialité souhaiteraient que le docteur Aliker (105 ans, qui mérite que l’on lui fiche la paix, après une vie de dévouement au service de ce pays) s’exprime sur l’autopsie du malheureux Georges Marie-Louise -
D’accord allons-y donc en toute impartialité :
Qui a été le commanditaire de l’assassinat du premier journaliste d’investigation et peut-être le seul que l’on pourrait qualifier de tel à ce jour : André Aliker ?
Qui a tiré sur Gérard Nouvet ? Lycéen assassiné lachement et vilement !!!
Qu’est devenu le militaire qui a abattu le jeune Alain Jovignac, lachement assassiné pendant qu’il jouait au Foot-Ball ?
Qui a tué Marajo ?
Qui a tué Betzi ?
Dans votre perfidie, vous voudriez instiller le fait que ce serait des rivalités syndicales, qui auraient eu raison de la vie de ce malheureux Georges Marie-Louise ? Et vous souhaiteriez emmerder le docteur Aliker (105 ans) parce-qu’il aurait pratiqué l’autopsie du corps ? Vous vous fichez de qui là ?
Je vous rappele que le Docteur Aliker est tenu par le "serment d’hypocrate" ! Et ce, même si les faits datent de près de quarante ans !
Ce ne sont pas les syndicats qui rétribuaient des ouvriers corvéables à merci, avec des salaires de misère et payés à "l’arbalette" ! A cette époque les grèves pouvaient quelquefois se terminer dans le drame, car les puissants étaient souvement de "mèche" pour ne pas dire d’une connivence scandaleuse et cynique entre eux - La maréchaussée avait l’ordre : "d’y aller comme des "bourins" et pas avec le dos de la cuillère !"
Et un conseil, si tant est que je puisse me permettre, après libre à vous :
* Laissez le docteur Pierre Aliker tranquille !
Il y’a des moments où quelque soit son obédience politique, la décence devrait pouvoir prendre le dessus sur la démagogie -
Voila le retour du serpentin payé sans doute en bon du CCAS foyalais afin de répondre à tout et n’importe quoi !
N’est ce pas lui qui avait juré sur la tombe de " Papa Césaire " que Fort de France avait accueillit toute la misère martiniquaise , d’où la chanson " Mwen dèsan Foyal ..."
Comment peut on accorder le moindre crédit à cette personne ENVOYE par le parti le plus isolationniste du monde.
Au lieu de nous ressasser le passé, pourquoi ne pas nous tenir informer du :
décompte des 4999 emplois ( Il faut enlever celui de Chamoiseau )
nombre de logements construits durant ces 24 LONGS MOIS
taux de réalisation des plans de relance 1, 2 et 3 lancé à coups de tambour avec caméras dans un grand tour de la Martinique
La démagogie, ne serait ce pas de promettre non pas 1000, non pas 2000 mais 5000 emplois a une population ceinturée par une gauche assoiffée de pouvoir depuis 30 ans et qui a elle même ruinée le pays malgré des impôts records.
En effet, la décence ne fait pas partie de vos postures !
En effet, il y a des limites à l’insignifiance . Le désir pathologique de faire mal pour faire mal. Une question tout de même ! qu’attend cette droite pathogène à la veille d’une élection fondamentale ? Que représente t’elle aujourd’hui dans le Paysage politique local ? Ces gens là se rendent ils compte ,que leur candidat est honni ,rejeté ,exécré par l’ensemble du peuple ? messieurs les arrogants réfléchissez un tantinet ,peut être que la sagesse reviendra .....qui sait.
Espérons que ce voeu de "décence" sera respecté pendant la campagne des législatives. Souhaitons aussi que ceux qui l’ont formulé sauront donner l’exemple.
L’Histoire n’est ni de droite ni de gauche. Il y a l’histoire avec toutes ses turpitudes.
Par contre l’instrumentalisation et la manipulation de l’histoire cela existe. Et elle n’est le monopole d’aucun bord. Tous y on recourt.
D’autre part, un évènement historique peut être perçu différemment selon les époques, selon les moeurs, les représentations et selon les préoccupations d’un moment.
Enfin, tout évènement historique peut recevoir un éclairage nouveau avec la découverte, l’exhumation d’archives, de témoignages, de documents restés cachés pour diverses raisons.
Notre devoir que nous soyons de gauche, de droite ou de rien du tout c’est de dire et de reconnaître que l’histoire n’est pas figée. Je crois que cela s’appelle être progressiste. Non !?
Toutt jé cé jé mé fouté bwa an tchou Tim Tim Bwa Makak pas jé !
1) Je ne suis pas de Fort-de-France, n’y habite pas et ne pourrais donc prétendre à un quelconque BON de quoi déjà ?
2) Je ne mange pas de ce pain là ! Je m’en suis toujours sorti par mes propres moyens ! Petit entrepreneur de mon état depuis un peu plus de trente ans -
3) Donc ni quarante pour cent ! Ni BON de "mwen pas sav sa sa yé"- OK ?
Malheureusement pour vous, ce type de discours malsain, insinue que toutes les prises de positions politiques en Martinique, ne seraient motivées que par le clientélisme et par des besoins alimentaires -
Quelle conception de la "chose politique" !!!
Je ne vous connais pas personnellement, et ne me permettrai pas de préjuger de cette problématique vous concernant -
Il me semble que c’est bien Mister Jacky Espartero, qui m’avait retourné dans un débat : "Nous sommes en 2012, pas dans les années soixante-dix !"
Ressasser les années soixante-dix, lorsque cela vous arrange pour votre démagogie ou votre politique politicienne est vil et pathétique -
Vos mentors faisaient preuve de suffisance et d’arrogance lorsqu’un certain patronat traitait les ouvriers agricoles presque comme des esclaves- Et c’est vous qui voudriez venir donner des leçons de moralité en 2012 ?!!!
Et vous n’êtes pas habilités pour réclamer quoi que ce soit au Docteur Pierre Aliker -
La vérité. Simplement.
Pourquoi ne pas vouloir divulguer le rapport médical établi par trois médecins, dont le Dr Aliker ? C’est comme l’assassinat de JFK, alors ? Ne rien dire, cacher la vérité, tromper ? S’il y a eu assassinat politique ou tout ce que vous voulez, alors autant mettre en avant tous les faits. Et condamner. Sinon, il y a affabulation.
Je crois que certains font mine de ne pas voir les VRAIS interrogations. Je les répète :
La démagogie, ne serait ce pas de faire CROIRE à une population aux abois et appauvrie par votre mauvaise gestion du pays depuis NAN NI NAN NAN que vous allez leur donner 5000 EMPLOIS ?
La démagogie ne serait ce pas de faire un tour MÉDIATIQUE de toutes les communes en faisant CROIRE aux administrés ACCULES d’impôts que leur quotidien changera et que les TRAVAUX qui ne sont plus faits depuis les années 80 ( depuis le départ des élus de droite ) à cause de la DILAPIDATION des deniers publics ?
La démagogie n’est ce pas d’aller en catimini à l’Elysée et flatter le Président de droite en lui demandant :
La collectivité en 2014 ?
La démagogie n’est ce pas de déclarer à l’Assemblée Nationale que DARSIERES est un GRAND HUMANISTE alors que ce personnage coupé du monde et peu aimé a proféré de nombreux propos xénophobes et racistes en sommant à nos compatriotes hexagonaux de quitter l’ile sous peine d’être lynché par la population OU qu’ils étaient PERSONAE NON GRATAE du seul fait de leur ORIGINE EUROPÉENNE en TUANT par la même le TOURISME pour un demi siècle...
La démagogie, n’est pas de vous faire plus socialiste que les socialistes martiniquais en leur prenant les reines de l’organisation de la campagne présidentielle en prétextant que le député MANSCOUR " n’était pas un grand intellectuel" ! ( dixit LETCHIMY en s’adressant à HOLLANDE AU MICRO du Grand Carbet ).
La démagogie, ce n’est pas exhiber ALIKER à la moindre occasion, et quand on lui demande de SOULAGER sa conscience en levant les mensonges historiques que vous avez INVENTE , vous les hommes de gauche, ALIKER serait TROP VIEUX et TROP FATIGUE soi disant !
La démagogie, ne serait ce pas inaugurer la Savane alors qu’elle est impraticable, remplie de trous depuis 10 ans, et en travaux éternels ?
La démagogie, n’est ce pas d’aller faire un building en bradant Fort de France à des étrangers en favorisant LA SPÉCULATION financio-immobilière ?
La démagogie, n’est ce pas comme l’a dit fièrement CONCONNE à la télé que quand on attaque le PPM, on BLASPHÈME ? N’est on pas dans à la veille d’une dictature qui ne dit pas son nom
La dictature, n’est ce pas de se cacher derrière PAPA Césaire à la moindre occasion, PAPA Cesaire qui avait dit à un ministre français qu’il lui était reconnaissant car c’était grâce à la France que nous arrivions à manger !
Ne faisons pas une fixation sur le docteur Aliker. Il n’y avait pas que le docteur Aliker. Un 3è médecin encore vivant avait participé à l’autopsie. Est-ce à ce médecin dont a fait référence Robert Saé et qui, selon ce dernier, aurait dit la vérité UGTM ? L’UGTM qui invite donc à consulter son propre dossier de l’affaire, c’est le chasseur qui raconte ses histoires de chasse. Trouveras-t-on une bonne raison pour éviter d’interroger l’autre docteur, hors UGTM ?
La position d’Anaconda ne lui ressemble pas. Je ne dirai pas davantage sur celui qui est sur ce site un posteur éclairé et souvent objectif.
"La démagogie, n’est ce pas d’aller faire un building en bradant Fort de France à des étrangers en favorisant LA SPÉCULATION financio-immobilière ?"
là c’est étrange de la part de quelqu’un de droite donc pour une économie libérale.
Dans ce type d’économie est bienvenue des investisseurs privés étrangers, qui justement évitent que ce soit des capitaux publics, l’argent des impôts de Ti sonson qui soient mis en jeu.
Donc il y a un non sens a critiqué cela et être de droite.
Il faudrait donc dans ce cas dénoncer aussi toute la politique de développement de la droite qui favorise l’investissement par des défiscalisations, qui a attiré effectivement des floppées d’étrangers et causé une spéculation effrénée des terrains au détriment de l’accession à la propriété par des martiniquais.
Donc revoir la copie sur ces "attaques" qui ne tiennent pas la route, le monde entier sauf la Corée,fonctionne avec des investissements étrangers de la communiste orthodoxe Cuba aux USA en passant par la Chine et la France.
Quelle méconnaissance du monde et de sa propre posture de droite pour sortir une telle ineptie.
Le témoignage du curé est vraisemblablement honnête mais comporte quelques erreurs et traduit certaines incompréhensions.
Il y avait effectivement lutte d’influence, mais plus complexe qu’il ne croit.
Le GRS encourageait la syndicalisation des ouvriers agricoles AU SEIN de la CGT sur des bases en rupture avec le réformisme de la direction et aussi avec son faible investissement dans le secteur, en dépit des cruelles conditions de vie dont le prêtre est en partie témoin. Il y avait donc coexistence entre deux tendances dans la CGT elle-même, ce qui n’a rien d’anormal.
Les maoïstes en revanche tentaient de rallier les travailleurs agricoles sous une nouvelle bannière et donc hors de la CGT, ce qui donnera naissance à l’UTAM par la suite et plus tard à l’UGTM (qui n’existait donc pas encore en 1974, contrairement à ce que prétend le curé). Nul ne peut contester ce droit de création syndicale, même si l’opportunité en est discutable.
Les divergences tactiques se traduisaient de façon très claire sur le terrain des revendications concrètes. Concernant les salaires par exemple, le GRS au sein et hors de la CGT prônait un SMIC+40% susceptible de rallier tous les travailleurs, tandis que le "comité de grève" avançait un salaire de 35F46.(La suite montra l’inadaptation d’une telle approche puisque le patronat accorda finalement 35F50, ce qui une première dans l’histoire du mouvement ouvrier).
Concernant les circonstances de la mort d’Ilmany, le prêtre n’a recours qu’à des témoignages, confirmant plutôt la thèse la plus répandue : PERSONNE N’A JAMAIS VU DE GENDARME BLESSE et à ma connaissance aucun document officiel n’en fait non plus état. Rien d’étonnant compte tenu du rapport des forces en présence : roches et coutelas contre armes à feu. Du reste, les "forces de l’ordre" n’ont jamais attendu qu’il y ait des blessés dans leurs rangs pour ouvrir le feu sur les grévistes ! L’ordre d’un Frappier de service a suffi. Elles n’ont pas davantage besoin qu’il y ait des divergences syndicales, sinon c’est en permanence qu’il y aurait eu des victimes ! D’ailleurs le décompte des gendarmes et policiers blessés à l’occasion des manifestations en Martinique vite fait ! Le vrai terreau des révoltes est toujours le même, c’est la surexploitation de certaines catégories par des chefs d’entreprise (ou des responsables en général) et les explosions de la colère qui s’ensuivent de temps à autres.
Même orienté, l’intervention de Maframé me paraît honnête et enrichit le débat. On sent bien que ce monsieur a été le témoin d’une partie des faits. Certes, il utilise quelques pirouettes : "personne n’a jamais vu de gendarme blessé" ou "les forces de l’ordre n’ont pas attendu d’avoir des blessés dans leurs rangs pour ouvrir le feu", ce qui paraît évident. La seconde phrase contredit un peu la précédente, mais il s’agit d’arguments en défense, il n’invente pas et ne donne pas l’impression de vouloir travestir la vérité. Il n’est pas loin d’acquiescer à l’essentiel du contenu de l’entretien du curé. Avec encore quelques témoins comme Maframé on pourrait recoudre le tissu de la vérité.
bon, après tout cela, on ne voit toujours pas en quoi la "guéguerre" des syndicats à entrainer le tir des gendarmes ?
Et on n’a rien de nouveau sur la mort de Marie Louise.
En lisant YLM, je pensais que l’on me montrerait une manipulation des ouvriers, avec des provocations sur les gendarmes ou autres menés en sous main par des politiques, un assasinat fait par les syndicats et maquillé.....du lourd quoi !