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Tribunes

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Ci après la note collée sur le registre d’enquête en Préfecture le 26 juillet 2012, par l’Association de défense du quartier « Les Anglais Desgrottes « et de l’environnement A.D.A.D.E. Note pour l’enquête publique dérogatoire à l’interdiction d’épandage aérien de pesticides


1. PRESENTATION
 : Notre association, normalement déclarée à la Sous Préfecture du Marin (procès verbal annuel d’assemblée générale régulièrement déposé) est née en 1992 à partir d’un projet de construction illégale d’un hôtel avec salle de jeux et boite de nuit en plein milieu d’un quartier rural à Sainte Anne. L’opération n’a pas abouti et le dit hôtel n’a pas pu ouvrir, grâce à notre vigilance et notre détermination.

2. DEFINITION DES PESTICIDES : Ethymologiquement un pesticide est un "destructeur de ravageurs" ; (de l’anglais : pest =ravageur). Cette expression au départ utilisée pour insecticide s’est ensuite étendue pour désigner l’ensemble des produits antiparasitaires.

Les pesticides appelés aussi produits phytosanitaires, produits antiparasitaires ou encore produits agropharmaceutiques sont des produits chimiques conçus pour tuer toutes sortes de parasites >> les insectes : insecticides >> les adventices ou mauvaises herbes : herbicides >> les champignons : fongicides >> les rongeurs : rodenticides >> les limaces : molluscicides ou anti limaces

Les produits utilisés pour tuer les bactéries et les virus sont également classés parmi les pesticides. La définition même d’un pesticide est d’être toxique pour les organismes vivants. Certains pesticides sont sélectifs au sens où ils ne tuent qu’un type de parasite donné. Par exemple, certains herbicides fonctionnent en s’attaquant à la photosynthèse, un processus qui ne se produit que chez les plantes. Néanmoins, le produit chimique utilisé peut avoir différents effets nocifs sur d’autres espèces. Certains pesticides ne sont pas sélectifs et peuvent causer du tort à d’autres organismes comme les animaux de compagnie ou aux humains.

Les pesticides renferment des ingrédients actifs et des ingrédients dits inertes. Les ingrédients actifs sont conçus pour tuer les ennemis, tandis que les ingrédients inactifs sont ajoutés pour diluer ou dissoudre le mélange afin d’en faciliter l’utilisation. Les pesticides ne sont pas forcément des produits chimiques fabriqués par l’homme, car ils peuvent être également fabriqués à partir d’extraits de plantes (ex : extraits de Pyrèthres naturelles)

3. NOCIFICITE DES PESTICIDES

3.1 : Le rapport de l’INSERM Après les cancers, maladies respiratoires et cutanées, un nouveau mal s’ajoute à l’interminable liste des effets nocifs des pesticides sur la santé... Et une fois de plus, les agriculteurs sont les plus exposés. Un rapport de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) baptisé Phytomer et présenté ce mercredi 30 mai à Paris, montre que les agriculteurs et en particulier les viticulteurs peuvent subir une perte de leurs capacités cognitives ainsi que des déficiences cérébrales, en raison de leur contacts avec les pesticides. Diminution des performances cognitives L’étude financée par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail), s’appui sur une enquête portant sur un échantillon de 929 agriculteurs âgés de 42 à 57 ans. Ces derniers, exerçant dans le département de la Gironde, ont été suivis sur 12 années. Isabelle Baldi et ses collègues de l’INSERM de Bordeaux ont utilisé des outils de mesure de l’exposition aux pesticides qu’ils avaient spécifiquement développés pour cette étude. Après quatre ans, des tests neuropsychologiques révèlent que certains vignerons montrent déjà des signes de baisses des performances cognitives. Cela se manifestait entre autres par une baisse de la mémoire, de la concentration ou de la simple vigilance. Les derniers relevés de l’étude font état de 50% de ces vignerons concernés par une détérioration notable du fonctionnement du cerveau. Et si le doute subsistait encore sur la nocivité de ces produits chimiques, les chercheurs affirment qu’au terme de ces douze années près de la moitié des viticulteurs ont souffert d’une détérioration de leur santé. Conscients qu’il s’agit-là d’accablantes conclusions, les chercheurs précisent que les principaux facteurs susceptibles de biaiser les résultats tels que l’âge, la consommation d’alcool, la durée de l’exposition, ou encore le manque de stimulation lié au niveau d’études, ont été soigneusement pris en compte dans cette étude. Alzheimer et Parkinson dans la balance Toutefois, si elle constitue une nouvelle pièce à conviction prouvant l’impact néfaste des pesticides sur la santé des agriculteurs, plusieurs questions demeurent sans réponse. Quelles sont les molécules précisément responsables des troubles de l’activité cérébrale ? Les effets observés sont-ils proportionnels à la dose de produits phytosanitaires avec lesquels les agriculteurs sont en contact ? Comment s’effectue la contamination ? Pour les chercheurs de l’INSERM, les résultats de cette enquête posent aussi la question de " l’évolution éventuelle de ces troubles vers des maladies neuro-dégénératives, comme Alzheimer ou Parkinson ". L’objectif de l’équipe bordelaise est donc dorénavant de persister dans l’analyse des données les plus récentes afin d’établir une éventuelle relation de cause à effet avec l’apparition de ces maladies neuro-dégénératives.

3.2 : Le rapport de l’AMSES (extraits) : point de vue médical Par Dr JOS PELAGE Présidente de l’AMSES –Martinique Association médicale de Sauvegarde de l’Environnement et de la Santé Au vu des éléments disponibles notamment dans le dossier présenté en Préfecture, on peut redouter deux types de conséquences, celles qui sont le fait du produit lui-même et celles qui se rattachent davantage au procédé utilisé à savoir l’épandage aérien. Le produit utilisé le TILT 250 EC est un mélange de propiconazole et d’un excipient dérivé benzénique le tout dissous dans de l’huile de paraffine ou quelquefois une simple pulvérisation d’huile de paraffine seule est utilisée . Le propioconazole est un antifungique de la famille des triazolés. .Les triazolés sont connus en médecine humaine où ils sont utilisés dans le traitement des mycoses .On en connaît donc les effets secondaires sur l’homme qui sont essentiellement hépatiques ; il est à noter qu’ils ne sont pas conseillés chez la femme enceinte et l’enfant en bas âge. Le solvant dérivé du pétrole entraine en cas d’absorption ou d’inhalation une pneumopathie (inflammation des poumons). L’huile de paraffine est bien connue et tolérée par voie digestive mais n’est pas habituellement utilisée par voie pulmonaire chez l’homme. Aucune étude de toxicité humaine ni à court ni à moyen terme sur l’association de ces trois composants ne figure dans la documentation disponible. Sur les trois composants, il y en a un, le solvant benzénique qui est connu pour ses effets néfastes chez l’homme. Le TILT 250 EC, une fois répandu sur les feuilles de banane se retrouve dans le sol, où il pollue la nappe phréatique, les cours d’eau et ensuite les aliments, pendant un temps que l’on ignore à ce jour ; dans certaines régions utilisatrices, ce fongicide est retrouvé dans l’eau de consommation courante et dans les aliments, Le TILT 250 EC est certes homologué car il contient une dose considérée comme admissible de produits, selon des normes définies par l’organisme de référence,. Cet organisme ne tient nullement compte des spécificités du sol tropical gorgé de plusieurs centaines de produits chimiques pour une période pouvant s’étaler sur plusieurs siècles. Nul n’a testé l’association chlordécone + propiconazole qui va se retrouver dans les sols martiniquais puisque ce sont les sols de bananes qui recevront les deux produits et on sait que les cocktails de pesticides ont des actions synergiques en général. .Même si les doses utilisées sont dites admissibles, aujourd’hui, toutes les études environnementales montrent que ce ne sont pas forcément les fortes doses de produit qui sont dangereuses mais la répétition de petites doses et surtout la période de la vie où elles sont administrées avec des périodes de très grande vulnérabilité comme la grossesse et la petite enfance. L’effet carcinogène et perturbateur endocrinien n’est pas dose dépendant mais chrono-dépendant et se manifestera à la génération suivante, dans 25 ans. Nous nous retrouvons dans la même problématique que le chlordécone en 1991 soit 20 ans après, Un produit est interdit par la Commission européenne , une dérogation locale est demandée sans expertise adaptée. Or nous constatons aujourd’hui en Martinique et l’étude INSERM de Guadeloupe conduite par Mr MULTIGNER l’a confirmé, une imprégnation au chlordécone pendant une longue période peut être responsable de cancer de la prostate apparaissant des années après la fin de l’utilisation du produit. Le chlordécone a été utilisé entre 1973 et 1993, or, vingt ans après la fin de son utilisation, on observe en Martinique une augmentation exponentielle de l’incidence du cancer de la prostate .Il s’agit d’une véritable bombe à retardement d’une durée encore imprévisible. Que le produit soit utilisé par voie aérienne ou terrestre il se retrouvera à terme dans l’alimentation aux côtés du chlordécone du DDT et des autres polluants organiques persistants. Toutefois la dangerosité du produit n’est pas la même selon la méthode employée. Par voie terrestre, l’exposition des ouvriers est grande sur le plan pulmonaire pour une efficience moindre. Lors des épandages aériens les ouvriers sont mieux protégés mais la population avoisinante est très exposée. En effet les particules contenant le produit actif diffusé par épandage aérien sont très fines ; elles peuvent atteindre même avec une météo favorable les habitations avoisinantes, voire les passants, et surtout du fait de leur petite dimension elles peuvent rester en suspension dans l’air et se charger d’autres polluants. Ces micro ou nanoparticules se déposent facilement sur les alvéoles pulmonaires qu’elles encrassent sans possibilité de détoxication naturelle ; leur toxicité est bien supérieure à celle qu’elles ont par voie digestive. L’intestin sait utiliser l’huile de paraffine, ou les triazolés mais pas le poumon. Les trois éléments constitutifs du TILT 250 EC représentent un danger pour les poumons avec un risque de pneumonie toxique chimique sans traitement possible ( à la différence des pneumonies infectieuses ) , un danger aussi pour le cerveau en cas d’inhalation . Aujourd’hui où nous savons notre sol martiniquais gorgé de plusieurs centaines de produits chimiques nocifs, il est temps de déclarer un moratoire sur l’utilisation de toute autre substance chimique quelle qu’en soit le bien fondé. C’est ce qui s’appelle le principe de précaution .L’absence de preuve de risque n’est pas une preuve de non risque. Quelle solution ? Le traitement mécanique par effeuillage des régimes et incinération ? La Cercosporose noire affecte les feuilles pas les fruits qui en tout état de cause ne sont pas contaminés et demeure comestibles. La filière banane sera pénalisée mais l’homme martiniquais sera préservé. 4. Sur l’avenir de la production de banane en Martinique :


Extrait de presse : "Le coût exorbitant de la banane antillaise" Par Cécile Crouzel (Le Figaro/2011)

Les planteurs des Antilles perçoivent 15.000 euros par hectare de banane, 30 fois plus que la moyenne des aides par hectare reçues par les agriculteurs français. 15.000 euros par hectare de banane : voici le montant exorbitant des aides agricoles perçues par les planteurs des Antilles. C’est 30 fois plus que la moyenne des aides par hectare reçues par les agriculteurs français. Or comme le dénonce la Cour des comptes, cette politique n’a pas empêché la chute des effectifs dans les plantations de bananes (-47 % en Guadeloupe et - 38 % en Martinique de 2000 à 2007). En outre, l’utilisation d’un pesticide très toxique dans les plantations a conduit à fermer la moitié des exploitations aquacoles des Antilles ! Autre dégât, les subventions massives accordées à la banane et la canne à sucre n’ont pas aidé au développement des cultures vivrières. Résultat, pour les départements d’outre-mer, les exportations de produits agricoles et alimentaires ne couvrent que 20 % du montant des importations. Pourtant, les aides publiques ont représenté 28,6 % de la production agricole outre-mer, soit deux fois plus qu’en Métropole…

CONCLUSION

En France, et depuis le projet de loi dit Grenelle II, en 2010, les épandages aériens de pesticides sont interdit, sauf dérogation. En 2010, la loi Grenelle II posait le principe de l’interdiction des épandages aériens, sous réserve de dérogations exceptionnelles. Mais aujourd’hui encore, les préfectures continuent à délivrer des dérogations, si bien que sur certains territoires, l’exception devient la règle, dénoncent dans un communiqué l’UNAF, la Confédération Paysanne, Agir pour l’environnement, la FNAB (Fédération Nationale pour l’Agriculture biologique), et Générations futures. Ce mode d’utilisation des pesticides présente des risques sanitaires réels pour les riverains. Les pesticides de synthèse utilisés comportent en effet des matières actives cancérigènes, des perturbateurs endocriniens ou des substances entrainant un risque de toxicité pour notre santé et notamment pour le développement prénatal normal de l’enfant. Et dans la majorité des cas, la distance de sécurité de 50 m n’est pas de nature à rendre ces risques acceptables, comme l’indique un rapport co-rédigé par l’AFSSE et l’INERIS en 2005. Nous nous retrouvons dans la même problématique que le chlordécone, 20 ans après ,où l’on estimait que de petites doses répétitives pouvaient être admissibles, alors même qu’en 2011 toutes les études environnementales montrent que ce ne sont pas forcément les fortes doses qui sont dangereuses mais leur répétition et surtout la période de la vie où elles sont administrées avec des périodes à haut risque come la grossesse et les premières années de la vie .L’effet carcinogène et perturbateur endocrinien n’est pas dose dépendant mais chrono-dépendant et se manifestera à la génération suivante, dans 25 ans .C’est tout à fait ce que nous constatons aujourd’hui et qu’a confirmé l’étude INSERM de Guadeloupe conduite par Mr MULTIGNER l’augmentation exponentielle de l’incidence du cancer de la prostate depuis les vingt dernières années par imprégnation au chlordécone alors même que son utilisation est interdite depuis près de 20 ans mais a été utilisée il ya 40 ans entre 1973 et 1993 ; donc un effet de bombe à retardement. EN CONSEQUENCE, le bureau de l’association ADADE, réunie le vendredi 20 juillet, a émis à l’unanimité :
- UNE PROTESTATION FERME contre le projet d’augmentation de la pollution de la terre martiniquaise déjà très durablement polluée par le chlordécone qui avait lui-même bénéficié de ……..dérogation !!!!,
- UNE ALERTE concernant l’avenir même de la banane, condamnée par la concurrence des énormes pays producteurs et la levée de toutes les barrières douanières en Europe, menacée par l’inévitable remise en cause des subventions compensatoires,
- UNE MISE EN GARDE contre l’argument fallacieux de la sauvegarde des emplois qui ont diminué de 38% en Martinique entre 2000 et 2007,
- UN AVIS DEFAVORABLE à une nouvelle dérogation à l’interdiction du déversement massif de pesticides-poison, manifestement dangereux pour la santé non seulement des ouvriers agricoles mais de l’ensemble de la population.

Le Président de l’A.D.A.D.E Charles JAUBERT, Le Trésorier Max ELISABETH

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Vos commentaires

  • Le 31 juillet 2012 à 09:46, par justicier En réponse à : Contre l’épandage aérien

    Ro papa, un expert de plus...j’ai aussi vu une interview du même Professeur Multignier, réalisée en 2011 pour un média guadeloupéen que je me permets de mettre en ligne si l’administrateur veut bien :

    Guadeloupe 1ère, émission 7actu du 18 décembre 2011,
    INTERVIEW du professeur Multignier
    Présentateur Henri Debs :
    On en parle avec le docteur Luc Multigner, spécialiste santé-environnement à l’INSERM et co-auteur du rapport sur de l’étude du chlordécone sur le cancer de la prostate. On entendait Alfred Marie-Jeanne dire « c’est peut-être pas aussi nocif que le chlordécone, mais ». A votre avis, est-ce qu’il y a lieu de s’inquiéter ? Ou est-ce l’effet traumatisant de l’affaire chlordécone qui agite les populations et notamment des gens engagés dans l’action militante sur cette question ?

    Professeur Multignier :
    Moi-même, qui suis assez pondéré, je suis quand même un peu troublé. Certes les produits qui sont proposés pour le traitement de la banane, dans le cas de la cercosporiose, je le rassure c’est loin d’être le chlordécone sur plusieurs aspects. Non seulement sur sa dangerosité, mais aussi sur sa capacité de persister soit dans les organismes vivants chez l’homme.

    H. D. : On ne parle pas des produits insérés maintenant qui peuvent rester 15 ou 20 ans dans la terre.

    P. M. : Tout à fait, ça c’est absolument sûr et certain de ce côté-là, il n’y a pas les inquiétudes à avoir pour le chlordécone.

    H. D. : Un mal peut-être moindre mais potentiellement il existe.

    P. M. : Il faut bien savoir que tous les produits chimiques, tous les produits phytosanitaires sont des produits dangereux, et sont tous des produits toxiques puisqu’ils sont destinés à détruire des êtres vivants, dans ce cas-là se sont des champignons. Il faut donc toujours faire attention. Bien sûr, on peut dire d’un côté : interdisons, mais si on interdit, on interdit tous les produits chimiques et bien entendu si on interdisait tous les produits chimiques cette émission que nous avons ici face à face ne pourrait pas avoir lieu puisque nous sommes entourés de cela ! Donc il faut raison garder et cas par cas, bien entendu pouvoir tenir compte des dangers et des risques.

    H. D. : Le problème en l’état c’est peut-être un manque d’informations suffisantes. D’aucun nous disent qu’on utilise de l’huile biologique, on a entendu ça dans le reportage aussi avec le ministre Bruno Lemaire. On nous dit aussi qu’une phrase sur deux on rajoute certain antifongiques tel le propyconazol, qu’est-ce que c’est que ce produit-là ? Et le décophynosal, que pouvez-vous nous en dire ?

    P. M. : Ce sont des produits phytosanitaires. La catégorie des fongicides c’est-à-dire qu’ils sont destinés à détruire des champignons. Certains d’entre eux d’ailleurs on les utilise en médecine humaine pour traiter des mycoses et des infections bénignes.

    H. D. : Ce sont les mêmes que ceux-là qui ont été utilisés dans certains pays de l’Amérique Latine et au Mexique notamment ?

    P. M. : Tout à fait, ils y ressemblent beaucoup. Mais bien entendu, là on ne les applique pas pour soigner une maladie mais plutôt pour traiter une maladie des plantes.

    H. D. : Dans le cas mexicain, on dit qu’il est avéré, ça a été suivi d’effets sur la santé des populations.

    P. M. : Tout va dépendre des conditions dans lesquelles ces produits sont employés. C’est extrêmement important. Ces produits en Europe sont extrêmement réglementés en termes d’utilisation. Il y a des conditions environnementales à respecter, ne serait-ce que la force du vent. Et bien entendu, il faut introduire les périmètres de sécurité, sans oublier qu’il faut d’abord protéger les applicateurs, c’est-à-dire les ouvriers agricoles et bien entendu les populations environnantes.

    H. D. : Alors sur ce point, quand on utilise le mode de traitement disons humain et au sol, la nocivité, si elle existe, peut-être beaucoup plus directe. Tandis que avec l’épandage aérien, l’assiette s’élargit. Des populations peuvent être concernées dans un rayon d’action beaucoup plus important ?

    P. M. : C’est tout à fait indépendant de la dangerosité de la substance. Là, ça concerne l’exposition. Donc pour que vous ayez un risque, il faut que vous soyez exposé. Certes, dans l’épandage aérien, le produit lui va se diluer dans l’air, mais en même temps il va toucher un périmètre beaucoup plus large, et donc les populations avoisinantes peuvent être plus concernées que le reste des habitants qui vont être loin des zones bananières.

    H. D. : Docteur, vous qui êtes dans la recherche, que savez-vous de la cercosporiose ? On nous dit qu’il n’y a pas de traitement alternatif, et pourtant on a le sentiment qu’on pourrait conjuguer toute une série d’outils pour traiter différemment plutôt que de traiter à grande échelle en ayant recours à l’épandage aérien. Il y a notamment des variétés plus résistantes qui sont utilisées à Mayotte et ailleurs, qu’est-ce que vous en pensez ?

    P. M. : Alors, ça s’éloigne de mes compétences puisque je ne suis pas un spécialiste agricole. Ce que je sais c’est que la cercosporiose, et en particulier la cercosporiose noire qui est celle qui est la plus dangereuse et introduit des dégâts très importants, ce qui génère bien entendu des problèmes économiques. Derrière ces problèmes économiques, il y a les emplois. C’est un des côtés du problème.
    S’il y avait des solutions alternatives simples et peu dangereuses, efficaces et peu coûteuses, j’imagine qu’on aurait intérêt à les développer. De ce que j’ai entendu malheureusement ce n’est pas le cas. Il y a peut-être des solutions alternatives, mais pour l’instant à ma connaissance il n’y en a pas.

    H. D. : Revenons à ce qui est de votre domaine de compétences, vous nous disiez que dans tous les cas il y a toujours un risque, tout est relatif et tout est fonction de l’utilisation qu’on en fait. Dans le cas des produits dont nous avons parlé à l’instant et qui seraient dans le cadre d’épandage aérien, quels sont les risques que ces produits-là présentent généralement ?

    P. M. : Ce qu’on sait ce sont des produits qui génèrent potentiellement des problèmes d’ordre pulmonaire ou hépatiques mais à des forts niveaux d’exposition. C’est-à-dire que lorsqu’on est exposé au produit pendant longtemps et lorsqu’il est appliqué.

    H. D. : Est-ce qu’il peut y avoir des risques endocriniens dans le cas d’une exposition à ces produits ?

    P. M. : Oui effectivement, cela a été évoqué. Ce que je peux vous dire c’est que l’agence américaine de protection de l’environnement a considéré que les éléments de toxicité endocrinienne de ces deux substances n’étaient pas de nature à présenter des risques pour les populations à condition qu’on utilise les produits selon des règles bien précises.

    H. D. : Dernière précision sur la question de l’épandage en lui-même, puisque ça n’est pas tant l’épandage qui est mis en cause, ce sont les produits utilisés. Est-ce qu’il faudrait à votre avis pour minimiser le risque avoir plus recours à l’épandage terrestre qu’à l’épandage aérien ?
    Est-ce que ça peut changer la donne en termes de conséquences ?

    P. M. : Ça pourrait mais dans le cas particulier de la cercosporiose, le traitement terrestre n’est d’aucune utilité puisque la cercosporiose est une maladie des feuilles du bananier donc à moins de prendre chaque feuille et de la peindre avec un produit vous voyez bien qu’on ne peut faire qu’une dispersion aérienne que ce soit par un avion ou un hélicoptère ou un dispositif terrestre d’ailleurs. Il n’y a pas de traitement qui puisse être appliqué au sol et qui serve à lutter contre la cercosporiose.

    H. D. : Alors je rappelais tout à l’heure que vous étiez directement associé à l’étude s’agissant des conséquences du chlordécone et des incidences en matière de prévalence du cancer de la prostate. C’est vrai qu’on a un peu moins entendu parler de vous que de vos confrères, on dit que vous auriez eu quelques avatars après avoir alerté très tôt les pouvoirs publics et dit qu’il y avait un risque ?

    P. M. : Non absolument pas.

    H. D. : Non alors tout va bien, dites-nous ce que vous avez pensé de la façon dont la question a été traitée, de la façon dont les autorités ont été saisies de ce dossier ?

    P. M. : Je crois que dans ce dossier-là, même si je pense que les risques sont faibles et je le dis honnêtement et de la même façon je pense que l’on peut nous donner un certain nombre de crédits dans la mesure que nous-mêmes avons travaillé sur le chlordécone et le cancer de la prostate, et nous n’avons pas hésité à soulever le risque et la dangerosité cette fois-ci, il n’en reste pas moins que dans ce dossier-là, tenant compte du passif que représente le chlordécone, il est important, très important de communiquer et que lorsque les autorités, les professionnels de la banane soit suggèrent l’autorisation de ce produit, et les autorités décident de l’utiliser, il est important que la population soit informée, parce que le dossier chlordécone a généré des inquiétudes, parfois des inquiétudes au-delà du raisonnable, je pense en particulier aux comportements alimentaires, ça c’est très important il ne faut pas changer nos modes alimentaires sous prétexte qu’il y a des sols contaminés et qu’il y aurait des produits contaminés, et donc, c’est un dossier dans le quel il est important, et la pédagogie, d’expliquer et que in fine finalement ce soit une décision et un choix collectifs parce que certes il peut y avoir un risque même s’il est faible mais en même temps il y a derrière ça des hommes, une profession, des métiers, et une activité humaine. Et c’est tout ça qu’il faut donc prendre en compte et je pense que c’est un choix collectif.

    H.D. : Alors, sur cet aspect précisément, ce sera ma dernière question, est-ce qu’il ne faudrait pas que la communauté scientifique comme c’est le cas dans certaines situations comme le chlordécone s’exonèrent de certaines pesanteurs pour informer véritablement ? On a l’impression que la communication même purement scientifique a été confisquée par le pouvoir ?

    P.M. : Oui et non, notre métier de chercheurs et de cliniciens, car il y a beaucoup de CHU, c’est de faire des recherches et de les publier. Nous n’avons pas de vocation à prendre notre téléphone, appeler les journalistes et crier au scandale ou quoi que ce soit, vous nous sollicitez, nous intervenons, nous donnons notre point de vue, je précise, notre point de vue purement scientifique, pas notre point de vue personnel, le point de vue personnel, tous les citoyens peuvent l’exprimer. Souvent, on nous demande à nous scientifiques de plus communiquer, je pense que c’est aussi aux autorités sanitaires de plus tenir comptes de nos publications scientifiques et de transférer à la population dans un langage moins technique que je ne pourrais le faire ou mes confrères, par des messages simples mais complets, des messages adressés à la population.

    H. D. : On en arrive vraiment à la dernière question, les conséquences du chlordécone du point de vue de la santé on en arrive à bout dans combien de temps ?

    P. M. : Du point de vue de la santé, nous poursuivons nos études, dans bien d’autres domaines que le cancer de la prostate car nous avons un certain nombre d’interrogations voire d’inquiétudes, mais il faut attendre à la conclusion des résultats. Ce qui est sûr, c’est que quelle que soit la conclusion, il faudra en tenir compte car comme vous savez, en l’état actuel des choses, la pollution des solsdu chlordécone est une affaire de dizaines et de dizaines d’années dans la mesure où c’est une absence que nous ne savons pas détruire et éliminer des sols.

    H. D. : Vos inquiétudes, en l’occurrence quelles sont-elles, vous me laissez sur ma fin ?

    P. M. / Les inquiétudes ? En l’occurrence, nous avons un très gros programme qui va commencer à donner ses fruits, je dirais bientôt puisque nous étudions l’implication de l’exposition au chlordécone sur le développement intra-utérin, la grossesse et le développement de l’enfant. Donc, il ne faut pas s’attendre à des résultats spectaculaires, ce ne sont pas des malformations comme on a entendu dire, c’est pas des, non, mais, ça va être des effets subtils probablement sur le développement et ça c’est une étude que nous poursuivons, et nous venons d’en lancer une, cette fois-ci sur les maladies du foie.

    H. D. : Développement physique ou cérébral ?

    P.M. : Développement e qu’on appelle neurocomportemental, cérébral.

    H. D. : Merci infiniment d’être venu nous apporter toutes ces précisions.

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  • Le 31 juillet 2012 à 12:55, par Louloute En réponse à : Contre l’épandage aérien

    Ouais, la zot té yé pendant 53 ans ? Tellement inconnus, ceux la qu’ils ont du faire etat, comme des anciens combattants de leurs medailles de guerre presqu’aussi vieilles que l’epandage. Merci Serjio d’avoir provoqué le débat devrait on répéter en chœur çhez certains. 53 ans, oui, 53 ans et la tout ti crab déwo. Tout moun spécialistes de tout bagay ! Faudra un jour vous expliquer sur ce long, très long silence si jamais on fait la preuve de quelque chose de grave. Et si on osait le mot complicité ?

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  • Le 31 juillet 2012 à 14:34, par quès aco ? En réponse à : Contre l’épandage aérien

    Il est évident que très peu d’internautes liront en leur intégralité aussi bien la note de l’association que l’intervention de Justicier.
    On comprend parfaitement que les associations environnementales et les médecins interviennent pour alerter l’opinion et des élus sur les dangers des pesticides. Il n’est pas très compliqué de comprendre que ce qui tue une tique peut à la longue tuer un boeuf. Qu’on le dise et le répète ne peut être que salutaire dans un pays et une société où la vie de l’homme a le prix que l’on sait. Cependant, lorsqu’on demande que soient supprimés tous les antiparasitaires de la terre, qui tous tuent plus ou moins vite, cela peut apparaître comme de l’intégrisme. En effet, il n’est pas plus noble de mourir, tué par des parasites que par des antiparasitaires qui les suppriment.
    En tout état de cause, il y a un moment pour l’associatif et les experts, et puis un temps pour la décision politique. Les associations peuvent se manifester à tout moment : avant et au moment de la décision politique. Tel n’est pas le cas pour les experts. Lorsqu’on a pris l’avis des experts, ils doivent laisser les élus décider et ne pas vouloir décider à leur place.
    Lorsque les médecins qui ont été consultés interviennent sur les ondes, ès qualités, la veille d’une prise de position politique, c’est en quelque sorte vouloir imposer la décision. C’est quelque part faire de la politique.
    Or les élus n’ont pas, comme les experts, seulement en charge la santé, mais aussi l’économie de la Martinique et l’emploi des martiniquais. C’est à eux que les électeurs demanderont des comptes. Si du jour au lendemain tous ceux qui vivent de la banane se retrouvent dans la rue, les experts se retrouveront devant leur télévision, impuissants à aider les élus à affronter les mécontants qui retrouveront vraisemblablement dans leurs rangs bien des opposants au traitement aérien de la banane.
    On voit bien que les élus de toutes tendances ont pris la mesure des risques que pourrait entraîner la suppression de la culture bananière.

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  • Le 31 juillet 2012 à 14:54, par SHAKA (Gwakafwika) En réponse à : Contre l’épandage aérien

    A lire "quès aco", on a l’impression que c’est exactement le même discours qu’on nous aurait sorti si nous nous étions mobilisés contre l’utilisation du chlordécone. Oui, on aurait entendu :"Il faut sauver la banane, les emplois et l’économie". On sait depuis le chlordécone, ce que qui est advenu aux peuples de Guadeloupe et de Martinique. Maladies graves comme les cancers en particulier. On sait ce qui est advenu en Guadeloupe et en Martinique avec des terres empoisonnées pour des siècles.
    A lire "quès aco", on voit bien l’argumentaire d’un capitaliste qui nous sort toujours et toujours le même refrain. "Si vous faites ça, vous sacrifierez l’emploi des dizaines de guadeloupéens et de martiniquais". Mais ces dizaines de guadeloupéens et de martiniquais, lorsqu’ils souffriront de maux en tout genre, ces capitalistes s’en fouteront puisque ’ils auront réalisé leur chiffre comme d’habitude.
    Je n’ai jamais pu comprendre l’état d’esprit d’individus qui pensent que la vie est faite uniquement de profit et qui ne pense jamais qu’une vie humaine quelqu’elle soit est vraiment une vie humaine !

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  • Le 31 juillet 2012 à 18:27, par Louloute En réponse à : Contre l’épandage aérien

    Bien Ques Aco, bien. Tout cela est fort bien résume. Il y a des moments ou je reprends espoir de la faculté d’analyse de mon peuple, sereinement et sans passions exacerbées.

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  • Le 6 août 2012 à 08:19, par vava En réponse à : Contre l’épandage aérien

    Concernant l’épandage aérien il n’y a plus rien à dire tout est prouvé l’épandage tel qu’il est pratiqué est très grave voire mortel aussi bien pour les insectes, animaux et les hommes. Pour des questions d’ordre économique, c’est le "TO BE IN THE BUSINESS" l’argent, l’argent, l’argent LE GRAND MOT EST LACHE "ils ne faut surtout pas qu’ils soient perdants" dans l’histoire...

    Monsieur le Prefet c’est à vous et à vous seul que reviendront les conséquences de votre décision d’avoir , peut être sous la pression ????, allongé le délai de 6 mois pour l’épandage. Nous ne sommes que des citoyens n’oubliez jamais que toute personne politique assise sur son siège et quelles que soient ses responsabilités, dans ce cas, se trouvera personnellement responsable, coupable de tous ceux qui seront à court et moyen terme atteints de maladies graves sinon mortelles, les résultats de laboratoires seront là pour le prouver.

    Nous ne sommes ni bêtes, ni incultes, nous avons des yeux pour observer autour de nous, des oreilles pour écouter et aujourd’hui permettez cette expression "le couvercle de la cocotte peut sauter à tout instant" la colère monte et ne vous en étonnez pas ... je suis tout à fait d’accord et solidaire avec les associations qui montent au créneau elles savent elles, ce que cet épandage va causer. Sans violence, sans heurt,simplement couché sur ce papier, je vous transmets ma vive indignation de voir de tels actes encore aujourd’hui en 2012 se perpetrer.

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  • Le 6 août 2012 à 11:44, par pjf En réponse à : Contre l’épandage aérien

    Depuis des décennies, tous les discours que l’on entend sur l’agriculture dans nos pays disent la même chose : DIVERSIFICATION, DIVERSIFICATION !
    Et que voit-on ? En fin de compte, une culture - dans certaines régions une MONOCULTURE - la Banane,
    - soutenue à bout de bras par des subventions (d’ailleurs menacées par les règles internationales du commerce),
    - dévastée à chaque coup de vent un peu violent,
    - et qui ne peut maintenant subsister que par des traitements chimiques parce qu’un vilain parasite est nouvellement apparu...

    On a envie de crier AU FOU !

    Voilà en fait la conséquence d’un manque total de politique agricole cohérente et suivie, manque encouragé par l’action de certains lobbies...

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