Que le Président sortant fasse état de documents émanant de publications ou d’institutions nationales qui donnent des chiffres asexués sur les résultats financiers de la région, cela est de bonne guerre.
Comme en amour, en campagne électorale tout candidat se présente sous son meilleur jour. Même si la référence à des indices nationaux est fort peu cohérente avec l’idéologie nationaliste. Même si le refus de toute autre comparaison, notamment avec les autres DOM, est dénoncé comme de l’ingérence dans les affaires des autres.
Mais que ses adversaires ne puissent pas, à une exception près (SL), opposer à ces chiffres la liste des carences, en dit long sur le niveau de compétences de ceux-ci.
Les repères financiers évoqués sont incapables de mesurer les conséquences des "économies de bon père de famille" sur le nombre de "sans emploi", sur l’économie, en général, sur l’indice de satisfaction en matière de transport, sur la chute du tourisme, sur les lenteurs des réparations des dégâts provoqués par les intempéries.
Que vaut l’annonce d’un budget en permanent excédant face à ces désagréments qui touchent à la vie quotidienne des personnes ? Que valent tous ces chiffres et toutes ces économies quand l’agriculteur, qui est prêt à s’équiper à ses frais pour irriguer ses cultures ou abreuver son troupeau, ne trouve pas le robinet auquel il devrait raccorder ses installations ?
De même, AMJ se réfère aux domaines où l’intervention de la Région est obligatoire et indique, avec la bienveillance de ses adversaires, qu’il n’est pas comptable des carences qui s’observent dans les autres domaines.
C’est faire fi de la liberté d’action de la région qui lui confère, en plus de ceux expressément prévus, d’incontestables pouvoirs décentralisés qui sont de vraies obligations politiques. Il les exerce d’ailleurs fort bien dans des domaines qu’il s’est choisis et qui sont généralement électoralement porteurs.
C’est précisément dans ces secteurs de liberté d’action qu’il est possible de mesurer la capacité des élus à prendre des initiatives et à exercer de la vraie autonomie. C’est à la capacité à faire preuve d’innovation et à appréhender l’avenir que l’électeur devrait juger les candidats. Ce n’est pas gagné et la Martinique pourrait en faire durablement les frais.
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