Dernière minute :
*** Une chanteuse interpellée en Martinique dans le cadre d'une affaire de trafic de stupéfiants ***

Dengue : Chanteur répond à la pique de Désiré

Partager sur Facebook

Publié le 26/08/2010

Dans un entretien accordé à France-Antilles, le Maire et Conseiller Général du Marin en Martinique Rodolphe Désiré estimait le Conseil Général "Dépassé" par l’épidémie de Dengue qui sévit actuellement. Réponse immédiate de Marlène CHANTEUR, Conseillère Générale de Fort-de-France, en charge de ces questions dans la collectivité.

"FdeF, le 22 aout 2010

Monsieur Rodolphe Désiré, Maire et Conseiller Général de la ville du Marin Ex sénateur de la Martinique

Je lis vos propos tenus dans le quotidien du 20 aout 2010 sur la pertinence de la lutte menée contre la prolifération de gîtes à moustiques en Martinique. En vous posant la question des moyens mis en œuvre par les services de l’Etat auxquels vous associez le Conseil général, vous affirmez, je vous cite, « que le Conseil général, compétent en la matière, est dépassé par les évènements ».

Il me revient donc, élue en charge de la mise en œuvre de la politique volontariste du Conseil général en matière de prévention et de démoustication, de ne pas laisser sans réponse pareilles déclarations qui me semblent poursuivre un seul objectif, celui de discréditer l’action sanitaire menée par le Conseil général aux cotés de l’Etat depuis de nombreuses années.

Médecin de profession, Conseiller général du Marin depuis maintenant plus de 25 ans et ex sénateur de la Martinique, vraisemblablement dépassé par l’évolution des politiques de santé publique, et que je crois pourtant respectable, vous profitez de cette situation de pic de l’épidémie de dengue que subissent les martiniquais, pour vilipender le travail du Conseil général alors que vous savez certainement mieux que quiconque que la compétence de la lutte anti-vectorielle est bien celle de l’Etat. Alors qui du Conseil général et de vous est le plus dépassé ?

Par conséquent, deux réponses à vos propos s’imposent à moi :

La première est bien celle qui consiste à démontrer aux moins avertis, que vous êtes parfaitement informé des compétences de chaque partenaire : le Conseil Général et l’Etat ayant signé en 1991 une convention de mutualisation des moyens humains et matériels pour lutter contre l’Aèdes Aegypti en Martinique.

En fait, vous cherchez à disqualifier le Conseil général dans ce combat permanent pour lequel un service a été créé avec 48 agents (32 relevant de l’Etat et 16 relevant du Conseil Général), 3 cadres de catégorie A également du Conseil général (2 entomologistes médicaux et 1 ingénieur principal) qui gèrent les opérations et 5 véhicules qui couvrent l’ensemble du pays.

Un service de démoustication et de lutte quotidienne contre la prolifération des moustiques dont les agents sont en permanence sur le pied de guerre, un service unique qui n’existe qu’en Martinique mutualisant les actions de l’Etat et du Conseil général. qui est pris en exemple par de nombreux élus, et qui n’existe nul par ailleurs. Un service qui est dirigé par le Docteur André YEBAKIMA (agent du Conseil Général), anthropologue de renommé internationale.

Je déplore qu’au moment où nous comptons plus de 25600 cas suspects, avec 13 décès dont 39% d’enfants, vous vous désolidarisez non seulement du travail réalisé sur le terrain par les équipes concernées mais également de la politique de lutte contre les moustiques menée par le conseil général au sein duquel vous êtes élu.

Cette pratique qui ne vous honore pas sert de toute évidence de vecteur de distinction, de légitimation et de tribune pour vous démarquez d’une situation qui sévit sur l’ensemble du territoire martiniquais sans exclure la Ville du Marin que vous administrez.

La deuxième réponse que je voudrais opposer à vos déclarations diffamantes me rappelle ce proverbe du Burkina Fasso : « Que chacun se gratte là où il a été piqué ».

Pour justifier votre dépassement à mobiliser vos administrés contre le fléau, vous stigmatisez l’action citoyenne lancée par les collectivités et les services de l’Etat qui consiste à imposer à chaque martiniquais un engagement individuel efficace dans le traitement de ses déchets (encombrants, alimentaires, végétaux, etc), dans la chasse et la destruction de tous les gites potentiels pour casser le cycle de reproduction de l’insecte et, surtout, dans le relais de la formation et de l’information de chaque résident. En fait, tout ce qui est de nature à procurer à chacun les connaissances et les capacités d’intervention auprès du plus grand nombre pour tenter de contenir le fléau.

Il est vrai que trop occupé à vos fonctions tribunitienne à dénoncer l’inadaptation du Conseil général à répondre aux évènements, vous oubliez de préciser que l’objectif de l’Etat en initiant la campagne de 1968, était bien d’éradiquer (c’est-à-dire de supprimer totalement) l’Aédes Aegypti de Martinique ; de 1968 à 1990 (donc avant l’implication du Conseil Général au programme), l’Etat tout seul n’a pas pu obtenir cette éradication du reste illusoire malgré toute la technicité d’aujourd’hui.

La lutte contre les moustiques est un travail de longue haleine qui nécessite une mobilisation de tous, compte tenu des lieux de reproduction des principales espèces locales. C’est pour cela que la stratégie développée par le Conseil général, l’Etat, l’intercommunalité et le Conseil régional qui rejoint les partenaires aujourd’hui, impose un engagement communautaire fort.

L’Opération Toussaint qui dure depuis 11 ans et mobilise l’ensemble des municipalités, la Journée de Lutte contre le moustique que j’ai impulsée, les Ateliers de démoustication, la formation des relais municipaux…sont autant d’actes concrets de cette mobilisation initiée et poursuivie par le Conseil Général pour une meilleure maitrise sanitaire de notre pays et le bien-être des Martiniquais.

Je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de recadrer les choses et de porter les bonnes informations aux martiniquais.

Dans l’espoir qu’au coude à coude nous serons ensemble pour lutter plus efficacement contre le fléau, je vous adresse mes salutations et je vous invite à vous associer à moi pour transmettre à toutes les familles touchées par cette épidémie et plus particulièrement celles qui ont perdu un être cher, notre soutien sans faille dans l’unité et nos plus vifs encouragements à continuer la lutte."

Marlène CHANTEUR

Vice Présidente du Conseil général en charge des actions de démoustication au niveau National, membre de l’ADEGE (Agence nationale de démoustication et de gestion des espaces naturels démoustiqués)

Cliquez ici pour lire les 2 commentaires

  • l’ADEGE Agence nationala de démoustication et de gestion des espaces naturels démoustiqués.

    Ou sont les espaces démoustiqués ? Que je m’y réfugie !!!

    C’est vraiment se moquer du monde !!!

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    Je ne sais pas qui est dépassé dans cette lutte, toujours est-il qu’habitante de la commune des Trois Ilets, moi-même atteinte de la dengue depuis plus de 10 jours, je n’ai pas vu passer les camions de démoustication depuis plus d’un mois dans mon quartier. Quand serons-nous sérieux et prendrons-nous NOS responsabilités au lieu de toujours chercher un fautif.... Le "sé pa fot mwen" ça suffit !

    Répondre à ce message


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

Faire une recherche

Soutenez-nous !

Vous pouvez soutenir Politiques Publiques en faisant un don via Paypal. C'est simple, rapide et sécurisé !

Retrouvez Politiques Publiques sur facebook