Dernière minute :
*** Une chanteuse interpellée en Martinique dans le cadre d'une affaire de trafic de stupéfiants ***

Education : la déclaration unanime des élus régionaux

Partager sur Facebook

Publié le 27/07/2010

A l’occasion de la plénière du 20 juillet 2010, les élus régionaux se sont prononcés à l’unanimité pour le soutien de la motion du collectif de l’éducation (ci-dessous) intitulée « Pour une école publique de succès et d’excellence en Martinique ».

Motion du Collectif de l’Education UPEM- FCPE- SE UNSA- SNUIPP SNETAA- UGTM éducation- SMPE CGTM CSTM éducation- Coordination du Nord Atlantique.

Considérant que :

L’Ecole Publique, en Martinique actuellement ne peut transmettre efficacement les valeurs fondamentales alors qu’elle se doit absolument de jouer son double rôles de facteur d’épanouissement de l’individu et d’ascenseur social, compte tenu du taux de chômage qui mine notre pays sur le chemin du développement. Nous devrions poursuivre nos efforts et actions engagés pour mettre cette Ecole sur la voie de l’excellence, pour que la jeunesse soit « djok », qu’elle soit performante. Constatant que : La situation de l’Ecole en Martinique est loin de répondre à cette nécessité de réussite et d’excellence qu’attendent nos jeunes, qui doivent se préparer à être les premiers acteurs de demain.

Et qu’en corollaire :

· aux examens, les résultats sont très inférieurs aux moyennes nationales ; · de nombreux élèves arrivant au collège et au lycée ont de grandes lacunes ; · le taux de redoublement en seconde est catastrophique ; · le taux de réussite au baccalauréat, surtout à l’issue du premier tour, n’est pas satisfaisant. Le Radar de Performance 2009 du Ministère pour l’Académie confirme ces mauvais résultats ;

Observant que :

Face à cette situation, la politique de l’Académie, soumise pour cette rentrée et jusqu’en 2013, aux directives du ministérielles lui enjoignant de réaliser des économies substantielles, ne peut se réduire qu’à des suppressions de moyens qui conduisent à des classes surchargées rendant impossible l’accompagnement individuel efficace des élèves, ou à des dérives comportementales consécutives en partie au manque de personnel d’encadrement. Demandent, Pour que la rentrée scolaire 2010 se fasse dans des conditions acceptables pour les élèves, leurs parents et le personnel :

1. Qu’il n’y ait pas de fermeture de classes, conduisant à un sureffectif des divisions, pour rester dans des limites en adéquation avec nos difficultés structurelles soit, 22 élèves par classe en Primaire, 24 en Collège et 28 en Lycée.

2. Que les choix d’orientation et d’inscription des élèves soient maintenus voire élargis, notamment pour les Bac pro.

3. Que les établissements puissent offrir un accueil digne, un encadrement suffisant et un accompagnement efficace aux élèves.

4. Le maintien dans l’Académie, s’ils le souhaitent, des Martiniquais lauréats aux concours d’enseignement.

5. Le respect du principe « vivre et travailler au pays » et le maintien pour les originaires de la bonification des 1000 points.

6. L’augmentation du nombre de postes au concours de Professeur des Ecoles, ce dernier étant limité drastiquement cette année à 20 places.

7. L’accompagnement des enseignants contractuels vers des emplois stables.

8. L’élaboration de programmes prenant en compte l’environnement Culturel et Géographique Caribéen.

9. La publication et la mise en oeuvre des programmes de Langue et Culture Régionale déjà transmis au ministère. La reconnaissance de notre bilinguisme comme constitutif de la personnalité Martiniquaise.

10. L’application des Accords pour l’Education du 5 mars 2009 signés dans le cadre du Mouvement du 5 février 2009.

11. La tenue d’un Conseil de l’Education Nationale, le CEN, dès la rentrée 2010."

En outre, à l’unanimité, les élus régionaux demandent que les études de médecine fassent l’objet de conventions entre l’UAG et les universités de France afin de pérenniser et sécuriser l’affectation des étudiants des Antilles et de la Guyane en 4ème année et créer ensemble la filière médecine à l’Université des Antilles et de la Guyane."

Cliquez ici pour lire les 12 commentaires

  • "En outre, à l’unanimité, les élus régionaux demandent que les études de médecine fassent l’objet de conventions entre l’UAG et les universités de France afin de pérenniser et sécuriser l’affectation des étudiants des Antilles et de la Guyane en 4ème année et créer ensemble la filière médecine à l’Université des Antilles et de la Guyane."
    Voilà lA DECLARATION de la région Martinique !!

    Question de responsabilité !!.La région Guadeloupe,elle, demande que le cursus complet d’une fac de médecine soit installé chez elle.Nous,nous ne demandons même pas une 3eme ou 4eme année.Le pouvoir pour le pouvoir !!!Matinik cé ta nou !!

    Répondre à ce message

  • Allo Paris ! Ici 27 juillet 2010 19:16, par desfossés

    Quel aveu ! Cela explique la ruée vers l’Ecole privée qui, elle, avec des effectifs par classe nettement supérieurs, transmettent mieux les valeurs fondamentales. Néanmoins, tous les remèdes proposés tendent à renforcer le nombre d’enseignants alors que c’est le contraire qui se produit ailleurs, notamment en raison de la baisse du nombre des élèves. Et puis la France demande de faire des économies. Qu’est-ce que cela veut dire ? Encore une insulte. Il faudrait augmenter les effectifs en prenant toujours des mesures spéciales pour recruter, affecter, muter et titulariser les auxiliaires désignées Dieu sait comment. Des maîtres, mais des maîtres martiniquais. C’est pourtant si facile, il suffit de supprimer les 40% : il ne restera plus que des Martiniquais.

    Et si tous ces petits arrangements avaient entraîné une baisse de niveau des maîtres, une baisse de motivation chez les meilleurs et que la baisse de niveau des élèves et leurs échecs de la maternelle à la faculté étaient aussi dus, pour une partie importante, aux carences des enseignants.

    L’Hôpital est en faillite, c’est la faute de Paris. L’Ecole est en échec, c’est la faute de Paris. Toujours, toujors et toujours, c’est la faute de Paris. Toujours, toujours et toujours, c’est la politique de la main tendue. On entend jamais dire : "Aidez-nous, en échange voilà les mesures que nous comptons prendre localement pour que les choses aillent mieux", "voilà les efforts que nous allons faire".

    Quand allons-nous nous regarder dans la glace et nous mettre en face de nos propres responsabilités ?

    Répondre à ce message

    • Allo Paris ! Ici 28 juillet 2010 00:33, par hoazin

      Tout à fait d’accord.
      Et je dirais même plus : je vois et ne vois rien d’autre dans cette pompeuse déclaration de syndicalistes que l’annonce d’un programme véritable "Table des lois" gravée dans la pierre ...de syndicats défendant leurs clients, c’est à dire le lobby des enseignants. Touche pas à mon steack, sinon gare à ta gueule..à la récré ! Alors l’intérêt des élèves..pff..à d’autres !

      Répondre à ce message

      • Allo Paris ! Ici 28 juillet 2010 10:00, par Administrateur

        Merci à Hoazin de me contacter ou de m’envoyer une autre adresse mail à contact@politiques-publiques.com

        Franck Sainte-Rose-Rosemond
        Administrateur

        Répondre à ce message

  • Desfossés : je suis d’accord avec votre approche.
    Ces revendications ne sont basées sur aucune étude sérieuse et incontestable.
    -  La quantité d’élèves dans une classe n’est pas le seul facteur de la réussite. Les limites proposées (22, 24, 28) sont arbitraires
    -  Le sujet de la qualité de l’enseignement n’est pas abordé
    -  Imposer la nomination sur place des lauréats au concours va barrer la chance de travailler au pays aux enseignants martiniquais actuellement en métropole, qui attendent de pouvoir travailler enfin dans leur pays. De plus, c’est enfermer ces jeunes enseignants dans notre contexte insulaire avec ses limites, et les priver de l’expérience d’un ailleurs : après 2 ou 3 promotions successives, c’est le blocage assuré des postes pour longtemps, faute de mobilité. C’est paradoxal de retrouver cette revendication sans nuances, qui a été clairement rejetée par près de 80% de la population le 10 janvier 2010. Voudrait-on nous forcer la main ?
    -  Demander toujours plus d’argent, sans aucune perspective d’amélioration du système, sans un esprit franchement constructif, n’est pas une marque de responsabilité
    -  La prise en compte de l ‘environnement, du bilinguisme et de la culture régionale dans les programmes, est déjà largement possible sous les lois actuelles, et tout le monde le sait
    -  Tout le monde sait aussi que les accords du 5 mars 2009 sont en partie largement inapplicables, et source de tensions futures dans le monde de l’enseignement

    L’Etat serait donc, une fois de plus, l’ennemi n°1, cause de tous les problèmes, mais sommé de payer sous peine de désordres sociaux à la rentrée..
    QUE FAISONS NOUS DE NOTRE PROPRE RESPONSABILITE, celle que nous revendiquons haut et fort ?

    Répondre à ce message

  • « Quand allons-nous nous regarder dans la glace et nous mettre en face de nos propres responsabilités ? »

    La charrue est derrière les bœufs. Un établissement colonial est entretenu par une métropole.

    Répondre à ce message

    • Education : la déclaration unanime des élus régionaux 28 juillet 2010 13:25, par desfossés

      Voilà une réponse de parfait jouisseur, qui pense sans doute dans son fors intérieur : "I bon kon sa, la France n’a qu’à raquer". La cerise sur le gâteau, nous pouvons la traiter de colonialiste et parader dans des habits d’anticolonialistes.

      Répondre à ce message

    • Colonial vous avez dit ?

      A force d’employer ce mot à tout bout de champ comme une sorte de grigri bon à exorciser tous les problèmes de notre Martinique, j’en déduis que votre cerveau en a été contaminé, "Colonisé" par quelques parasites vous empêchant de mieux penser. Des parasites Coloniaux, bien sur...

      Répondre à ce message

  • Les collectivités locales, comme par définition toute institution, nous renvoient notre propre image. On n’y trouve rien que nous n’ayons collectivement mis. Là est le fond du problème. Là aussi est l’amorce de la solution...

    Répondre à ce message

  • Education : la déclaration unanime des élus régionaux 28 juillet 2010 15:27, par SIMBA BAKA

    Est ce que c’est l’"Etat dit colonial" qui empêche les profs de Lycées professionnels de suivre leurs élèves quand ils sont en stage, au lieu de faire leurs affaires ?Est ce que c’est l’"Etat dit colonial" qui empêche les profs d’arriver en retard pour prendre leurs élèves alors que ces jeunes se sont levés à 5 heures du matin pour être à l’heure. Quand ils ont vu que leur prof n’était pas là, ils sont repartis et c’est, alors, Oh miracle, que le prof arrive et semble se désoler que ces élèves soient absents !
    Certains enseignants n’ont jamais quitté l’école et ont gardé une mentalité de potaches !Un jour, on finira bien par se rendre compte que l’échec scolaire,ce n’est pas qu’une limitation des moyens c’est surtout l’échec de certains profs, d’ailleurs certaines fédérations de parents le pensent, mais n’osent pas encore le dire tout haut.Il faudra expliquer pourquoi les profs de l’enseignement privé sont moins absents que les profs du public. Il est urgent de balayer devant sa propre porte !

    Répondre à ce message

  • Education : la déclaration unanime des élus régionaux 28 juillet 2010 21:29, par Desfossés

    Il faudra que les élus aient le courage de ne pas toujours voter à l’UNANIMITE ce genre de motion dont les vrais motivations ne peuvent échapper à personne.

    >>> Souvent, en petit comité, en regardant à droite, en regardant à gauche, les élus savent dire ce qu’ils pensent vraiment, même s’ils sont parfois enseignants eux-mêmes. Oui, certains en ont le courage ( ils sont les mieux placés).

    >>> La Martinique ne sera pas responsable quel que soit le statut politique tant que ses élus n’auront pas le courage de dénoncer les carences des nôtres. On voit bien que le texte a été rédigé habilement pour ne pas déplaire aux élus qui, eux aussi pourraient avoir des responsabilités. Notamment pour le temps passé sur les routes par les élèves, le comportement de certains conducteurs de cars scolaires, l’état de certains équipements immobiliers ou la restauration. Ces sujets ne sont jamais vraiment abordés dans le fond par les syndicats ni les associations de parents d’élèves qui leur sont solidaires, ces parents étant souvent plus syndicalistes ou politiciens que parents. Il n’y a qu’à les écouter sur les télés.

    >>>On ne s’explique pas que des grèves d’enseignants aux succès discutables trouvent systématiquement le renfort des personnels de certains restaurants scolaires. Ou du moins, on se l’explique parfaitement : les jours de grève sont toujours payés aux personnels de ces cantines, pour ne pas dire toutes.

    >>> Pas de repas à midi = école fermée = enseignants en chômage technique, donc payés. Le succès de la grève peut se mesurer donc non pas au nombre de grévistes, mais en nombre d’établissements fermés.

    >>> Les causes de l’échec scolaire sont légion. Mais sur une échelle de 10, sans doute 7 ou 8 vraies causes de cet échec sont martiniquaises. Lorsqu’un étudiant en lettres modernes peut écrire dans sa copie d’examen de licence, entre autres curiosités du même acabit, qui lui eussent valu 0 au BEPC il y a 30 ans, "bouquet missaire" pour "bouc émissaire" et que celui-ci peut tout de même aspirer à être maître auxiliaire en Français, parce qu’il n’y aura jamais assez de postes offerts au concours national pour lui permettre de réussir, on peut voir, là aussi, un tout petit peu, l’une des causes de l’échec de notre enseignement de la maternelle à la licence.

    >>> Il faudra qu’un jour, une motion des élus votée à l’UNANIMITE appelle nos enseignants à plus de responsabilité avant de faire appel à la vache à lait majorée de 40%. Ne faudrait-il pas leur demander, en revanche, qu’au moins 10% de ces 40% réponde à un surplus effectif d’implication par rapport à la métropole ? Les élus ont sans doute tort de croire que la population ne les suivraient pas, à condition, bien entendu, de ne pas jeter la profession en pâture.

    >>> L’échec scolaire, c’est aussi (pas seulement mais en grande partie) l’échec des enseignants martiniquais. Beaucoup de monde le pense. Quand le dira-t-on un jour ? Sans doute jamais tant que ceux qui ont la possibilité de le dire, y compris les enseignants du Public, auront aussi la possibilité (40% et relations aidant) d’inscrire leurs enfants au couvent ou en métropole.

    Répondre à ce message

  • Voila des réactions rassurantes !!!
    En effet il m’est arrivé une fois de parler à un enseignant au lycée dê pédagogie et de lui présenter un tableau avec les différentes théories pédagogiques et la réponse fut cinglante : "ça ne me parle pas".
    Comment peut on enseigner si on n’a jamais aborder les sciences de l’éducation au cours de son apprentissage pour devenir enseignant ?

    Une autre fois en aidant mon enfant à apprendre sa leçon de géograppiie qui parlait du globe terrestre avec les émisphères les méridiens etc, quel ne fut pas ma surprise de constater que cette leçon était illustrée par l’image d’un planisphère qui ne donnait aucune indication sur les notions sensées être enseignées.

    Voici deux exemples parmi tant d’autres qui confirment les carences dénoncées dans les autres posts.

    Mais il faut tout d’abord se poser la question du système de management et de motivation et de la formation continue de ces enseignants.

    Répondre à ce message


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

Faire une recherche

Soutenez-nous !

Vous pouvez soutenir Politiques Publiques en faisant un don via Paypal. C'est simple, rapide et sécurisé !

Retrouvez Politiques Publiques sur facebook