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Gros-Morne : Vaugirard tâcle Jean-Zéphirin et soutient...Letchimy

Publié le 04/03/2010

En mars 2008, l’équipe "d’ouverture" de Albert Jean-Zéphirin au Gros-Morne s’impose face au Maire sortant Anicet Turinay, personnalité de la droite locale et ancien Député du Nord Atlantique.

Un an après, la municipalité fait ses comptes, et décide d’une augmentation brutale des taux d’imposition, pour dit-elle, faire face à la situation financière désastreuse laissée par l’équipe précédente.

Mais les Gros-Mornais de l’entendent pas de cette oreille, et font bloc, dans la rue, face à une décision municipale qu’ils considèrent comme injuste, mal préparée, et mal annoncée. On s’en souvient, la mairie fera marche arrière, et trouvera les moyens d’adoucir ses mesures fiscales.

Quelques mois après ces événements, en début du conseil municipal du 25 février dernier, Raphaël Vaugirard, Conseiller Général, et membre de la majorité municipale, exprime ce qui apparaît comme un raz le bol des relations municipales (voir déclaration plus bas).

Mais malgré ce tâcle à Albert Jean-Zéphirin, le conseiller général continue d’apporter son soutien à la liste Letchimy dont sont membres plusieurs de ses collègues, suite au rapprochement avec le PPM. 

Regrets de ne pas figurer sur cette liste malgré une solidarité sans faille au Conseil Général ? Conséquence d’une entente difficile avec le maire, ancien 1er adjoint de Turinay, dans le cadre d’une alliance de conquête du pouvoir face à ce dernier ? L’avenir nous le dira.

Il semble en tous cas bien difficile, au Gros-Morne comme ailleurs, de bâtir une unité politique sans tradition de parti, sans valeurs durablement partagées.

"L’alliance" conduite par Madeleine de Grandmaison pour le PPM en avait fait les frais suite aux régionales de 2004. Et bien des listes de 2010, à commencer par celle justement du PPM, qui affiche la plus grande amplitude "d’ouverture", ne sont pas à l’abri de pareilles dissensions.

DECLARATION AU CONSEIL MUNICIPAL DU 25 FEVRIER 2010

Déclaration de Raphael Vaugirard

Monsieur le Maire, Chers Collègues, Depuis le 16 mars 2008, cela fera bientôt deux ans, nous sommes au Conseil Municipal. Deux ans que nous avons été investis de la mission de redynamiser notre commune, de redonner confiance aux administrés, aux agents communaux chargés du service public. Après deux ans, nous aurions dû être dans une phase bilan d’étape, bilan partiel pour apprécier le chemin parcouru dans la reconquête positive d’une démocratie Gros-Mornaise malmenée par 25 années d’autocratisme, d’obscurantisme et de déclin…

Pourtant ce soir, face aux dysfonctionnements croissants de l’équipe municipale, c’est une profonde déception que je veux exprimer en mon nom certes, mais peut-être autant, au nom de nombreux collègues qui, pusillanimes, n’osent pas le faire, et qui sombrent doucement, chaque jour davantage, dans la résignation, voire dans l’enfer de l’acceptation.

Les valeurs de justice, de sincérité et d’engagement pour ma commune, m’interdisent d’accepter l’inacceptable. Je veux parler de ce système hideux de confiscation du pouvoir par un petit noyau aussi arrogant qu’inexpérimenté, petit noyau qui conduit aux décisions désastreuses pour les administrés.

Je veux parler des dérives antidémocratiques qui se multiplient ici et là, dans la gestion du personnel, dans l’absence d’implication réelle du Maire, de ses insuffisances dans le management de la commune qu’il soustraite à d’autres « agoulous » de pouvoir, de ses incessantes virevoltes déboussolant tout un chacun dans les dossiers importants. Je veux parler de tout ce qui constitue l’antithèse du contrat de progrès que nous avons promis aux Gros-Mornais en 2008…

Je ne m’attarderai pas sur les mesquineries porteuses de division qui ont ruiné notre cohésion, les menaces sournoises, le détournement de délégation, la médisance et j’en passe… Bref, au fil des dysfonctionnements croissants auxquels nous assistons, le système qui est en train de se mettre en place est la REINCARNATION de celui que nous avons combattu. MAIS EN PIRE ! La population déboussolée ne sait plus à qui elle a affaire !

J’affirme, Monsieur le Maire, Chers Collègues, que les problèmes qui nous ont conduits à faire cette brutale hausse des impôts de 76%, déjà inscrite dans les annales, ont été mal posés. Les efforts exigés d’une population de contribuables composée de personnes âgées, de retraités, de RMIstes,., ont été mal appréciés. En tant qu’initiateur en partie du rassemblement qui a conduit la présente majorité du Conseil Municipal, j’ai le DEVOIR de sortir au bord du dire où je suis resté trop longtemps, pour enfin dire que CELA SUFFIT !

Vous aurez compris, Chers Collègues, que la présente Déclaration,

OUI elle est une interpellation ultime de nous-mêmes au devoir de conscience ! OUI elle exige, si possible, un nouveau départ,

OUI elle se veut un discours de REFONDATION du lien de confiance devant exister entre Elus et population d’où nous tirons notre légitimité. Population à qui nous avons promis le changement et A QUI NOUS OFFRONS PLUS DE MISERE VOIRE PLUS DE DESESPERANCE ! CELA NE DOIT PLUS DURER !

Les Gros-Mornais sont en train d’instruire contre cette municipalité, le procès le plus implacable pour « non assistance à population en danger ».

Ayons donc ce courage de dire aux Gros-Mornais que nous sommes à leur écoute et que nous les avons entendus… C’est alors que nous recommencerons, le chantier, là où nous l’avons laissé, chantier de la construction du Mieux-Vivre que nous devons aux Gros-Mornaises et aux Gros-Mornais

Gros-Morne le 25 février 2010

Demande de rectificatif à l’article « Clash en plein conseil Municipal du Gros-Morne » (adressée à France Antilles)

Je tiens à faire auprès de l’opinion publique Martiniquaise et plus spécialement Gros-Mornaise, le rectificatif ci-après, à propos de l’article paru en page 9 dans l’édition de France-Antilles du samedi 27 février intitulé « Clash en plein Conseil Municipal du Gros-Morne ». Telle que présentée, la rédaction pourrait induire en erreur les lecteurs particulièrement attentifs, en cette période pré-électorale, aux soubresauts de l’actualité. Il ne s’agit pas d’un « clash » mais d’une « interpellation » du Maire et de l’ensemble des élus sur les dysfonctionnements de l’équipe majoritaire et d’un « appel » à un nouveau départ au service des Gros-Mornais. Ni plus ni moins.

En effet, après de vaines tentatives de plusieurs élus de rencontrer le Maire pour discuter et échanger avec lui sur les améliorations à apporter à la gestion de l’équipe Municipale afin de mieux prendre en compte l’intérêt des administrés, la déclaration solennelle devant le Conseil leur est apparue comme un moyen transparent et démocratique d’être enfin écoutés…

Par ailleurs, cette initiative n’a rien à voir, comme pourrait le laisser croire l’article, avec le récent ralliement du Maire, Albert JEAN ZEPHIRIN, à la liste du PPM conduite aux régionales de mars par Serge LETCHIMY. Les propos et allusions avancés n’engagent que la responsabilité du journaliste. Bien au contraire, si certains élus désapprouvent la méthode utilisée et surtout l’intermédiaire de cette opération, la quasi-totalité des élus municipaux, y compris Raphaël VAUGIRARD en tant que socialiste, soutiennent Serge LETCHIMY dans cette importante échéance pour le pays-Martinique.

R. VAUGIRARD

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