Economie
Hôtellerie : Lettre ouverte aux candidats et aux élus
LETTRE OUVERTE AUX CANDIDATES ET CANDIDATS AUX ELECTIONS LEGISLATIVES, AUX ELU-E-S DES CONSEILS REGIONAL ET GENERAL,
AUX ELU-E-S DE LA COMMUNAUTE DES COMMUNES DU NORD-ATLANTIQUE
Mesdames et Messieurs,
25 salarié-e-s de l’hôtel Baie du Galion sur un total de 33 sont menacés de licenciement dans le cadre d’un plan de transformation de l’hôtel en résidence hôtelière.
Ce crime économique et social n’est que le nouvel épisode d’une stratégie patronale que la CDMT dénonce depuis de longues années.
Sa mise en Å“uvre implacable contraste avec les beaux discours sur « la vocation touristique » de la Martinique, sur le gisement d’emplois directs et indirects qu’il s’agirait, en paroles, de préserver et développer.
Cette orientation des patrons ne s’explique pas par un prétendu souci d’éviter des pertes mais bien par la conviction bien ancrée que les profits à court terme à réaliser dans des opérations immobilières sont supérieurs à ceux que génère l’exploitation normale de l’activité hôtelière.
Entre l’intérêt général de l’activité et des emplois d’un côté et l’intérêt privé du profit maximum de l’autre, le choix du Capital est vite fait.
Le scénario est répétitif. On ne se contente pas de dire que le chien a la rage. On organise la maladie, on inocule le virus. On laisse filer les dettes fiscales et sociales. On laisse hors d’usage la majorité des chambres, faute de réparations. On sabote la commercialisation, parfois même en refusant de fournir des prestations demandées. On pique des colères contre le personnel quand il ose se rebeller en prenant des initiatives contraires. Et on pleurniche, on pleurniche, on pleurniche sur les malheurs du monde, sur les effets désastreux de Février 2009 alors que la vague des liquidations a commencé bien avant 2009 : liquidation du Kalenda, du Leyritz, du Domaine de Sainte-Marie, d’Anchorage, de Caritan, transformation du Mercure hôtel et destruction massive d’emplois au Marouba, à Framissima.
En moins de dix ans, on approche de la dizaine d’hôtels victimes.
Le « paradis » qu’on nous a promis de bâtir a pour le moins un goût amer !
Face à l’hécatombe, les travailleurs du secteur se sont toujours mobilisé, toujours dressé contre les licenciements, ont toujours présenté des contre-projets, ont toujours interpellé les instances les plus diverses et appelé au soutien de la population, toujours réclamé que l’on se mette autour d’une table pour chercher des solutions.
Awa !!!Tout se passe comme si la liquidation à marche forcée de quelques centaines d’emplois n’était que la défaite de celles et ceux qui les occupaient et qu’on a jetés à la rue, éparpillées avec leur savoir-faire et abandonnés sans espoir.
Non, Messieurs et Dames, cette défaite c’est celle de la Martinique et donc aussi des élu-e-s et candidat-e-s qui la représentent ou aspirent à la représenter.
Il faut interdire une nouvelle défaite de l’intérêt collectif à l’hôtel Baie du Galion ! Car ce serait la défaite de trop, celle qui risquerait de provoquer de graves explosions.
Le silence assourdissant sur ce nouveau mauvais coup, l’arrogance énervée de ceux qui l’assènent ne présagent rien de bon.
Une fois encore, les travailleurs et leur organisation s’opposent au crime annoncé. Une fois encore, nous appelons à un sursaut collectif de l’ensemble du monde du travail et au réveil de celles et ceux qui revendiquent l’honneur de servir la population.
Pour la C.D.M.T,
Philippe PIERRE-CHARLES, José FRANCOIS-HAUGRIN, Félix RELAUTTE, Elie LOUISY
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