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Le temps et l’argent...

Publié le 25/07/2010

Une Chronique de Malik DURANTY pour Politiques Publiques.

"Il y a tant de thématiques plausibles entre les problématiques sensibles, visibles et invisibles de notre ère sociale. Que chaque opportunité de s’exprimer est à saisir. Car, il convient de partager ce fondement d’une nouvelle ère.

Il n’y a pas si longtemps, nous étions tous au constat d’une crise sociétale. Celle-ci manifestée par les pawòl partagées ici et là dans tous les lieux de nos relations. Nous avions un temps pris dans une partie de notre vie collective pour :
- Nous remémorer l’inacceptable.
- Nous souvenirs de l’irréfutable.
- Et, nous penser dans le lancement d’une autre ère.

Cette fameuse recherche du jour de demain.

Aujourd’hui même, il nous apparaît clairement l’une des plus grandes contraintes de notre vie sociale. Il s’agit du temps. Lui qui est relatif à l’argent. Dès lors, voilà le temps et l’argent ces deux bonnes raisons de notre hargne quotidienne. Elle s’exerce alors que le rythme de nos vies sociales est effréné. Ce constat nous pouvons le faire à toutes les dimensions auxquelles l’on puisse imaginer ce rythme. Lui ne laisse pas grand chose à la commémoration, aux souvenirs et à la penser. Il ne laisse pas grand choix à la conquête, à l’acquisition et à la transmission. Le temps et l’argent ne laissent pas grand chose à la rencontre, à la relation avec les lieux. Ils ne laissent pas de lieux de relations. Ils ne laissent que des lieux de consommation. Là où, désormais nous nous rencontrons en coup d’œil.

En effet, la mécanique de l’habitude est encore l’une de nos logiques existentielles. À tous les coups ou presque, les aléas font notre malheur. Nous avons mille risques de nous-mêmes, plus les aléas naturels. Et, nous sommes là. Pourtant bien là.

À nos yeux, l’actualité semble être devenue ce bien de consommation. Dès lors, il est le propulseur du fracas de la nouvelle. Elle, cette nouvelle, est désormais percutante et éphémère comme l’actualité. Elle ne fait qu’une brève apparition dans notre pensée, passe rapidement dans nos souvenirs et parfois, ne fait même pas partie de notre mémorisation. Et alors, à cela seulement, nous pouvons nous demander : Comment va être réussi la patrimonialisation de nos erreurs et de nos progrès actuels ? Qu’elle sera le legs pour ceux à-venir ? Les vaisseaux politiques de notre pays avancent dans une mer calme. Là où, pas même une houle citoyenne n’ouvre le débat assez longtemps pour que notre société s’en empare. Ce sont ces vaisseaux qui sont et font les sujets emparés par notre société. Elle-même désemparée d’elle-même selon certains. Cependant, nous sommes dans une période transitoire. Un aller-vers-autre-chose. Alors demandons-nous : qu’est-ce donc que cet autre chose ? Et, certains diront : « Que nul ne sait ! ». Une réponse qui déambule comme funambule ivre de sommeil. Or, ce fatal positionnement ne devrait pas être celui d’une société comme celle d’ici là et par ailleurs.

Violemment nous vivons cette société

De ce premier questionnement de partage avec vous lecteur, permettez celui qui nourrit les craintes en l’à-venir hurler à mort. Il s’agit de la Violence. Celle que l’Homme inflige à cette Terre insulaire et à ses abords dessous la mer ? Celle des hommes et des femmes entre eux ? Celle des enfants miroirs exagérés des générations avançant dans la sagesse des âges ? Celle de notre mode de vie, de notre mode d’échange, de notre mode d’écoute, de considération, de jugement, de condamnation, de notre manifestation, de notre déperdition ? Oui, déperdition, puisque ce sont des enfants du Peuple qui tombent ? Quelle est la guerre qui se trame en froideur dans nos regards sur nous-mêmes et les autres ? Le plus dure, c’est qu’il s’agit de l’effet de tout un système de violence entre les adultes qui donnent, aux enfants et adolescents, le champ du possible. Celui de gestes agressifs et violents.

Les acteurs, en charge de la compréhension et de l’action face à ce phénomène de société, sont à l’affluence :
- des représentations répressives du traitement du sujet par les forces de l’ordre,
- des représentations du désengagement des familles,
- des représentations populaires (disons mythologiques),
- ainsi que des représentations de l’inadaptation de l’École.

Il devient très difficile pour ces différents acteurs (culturels, sociaux, scolaires, policiers et de justice) de participer au processus d’éducation et d’épanouissement. Un processus qui devrait être accessible à tous, égalitairement et justement. Or, ces acteurs ne partagent pas forcément le même langage. Même si, ils partagent une rhétorique commune dans des langages différents. Par le système de financement actuel, ils sont plus placés dans une perspective de rapport concurrentiel que dans un rapport coopératif. Ce qui semble engendrer la démultiplication des logiques de clivage dans la société. Cette multiplication de cercles d’appartenance, de plus en plus restreints, donne lieu à une segmentation sociale amplifiée de segmentation d’ordre économique, nationalitaire, territoriale et culturelle. Bien entendu, cette segmentation multiple de la société n’est pas forcément un processus néfaste. Cependant, ce dernier est associé à un processus d’individuation, à une logique concurrentielle exacerbée et à une économique non confiante. Et tout cela engendre entre autre la prolifération de pratiques dites d’affrontement. Tous nous sommes partisans de quelque chose que nous défendons. À cela, tous nous dirons que c’est logique. Ceci dit, cette mise sous tension de la société n’a pour effet que la monté en intensité, en fréquence et en gravité de la violence. Depuis la sphère politique, à la sphère économique, à la sphère sociale, en passant par la sphère artistique, dans les bureaux et les commerces, tout est toujours une question d’acquisition et de conservation du pouvoir. Lui, qui dans l’état actuel des choses, ne peut être qu’un pouvoir de paraître.

Or de nos jours, Papa et Maman, Maman ou Papa doivent éduquer leur progéniture. Ils doivent travailler pour subvenir aux besoins du foyer. Dans le paradigme « travailler plus pour gagner plus », ils gagnent toujours moins de temps pour éduquer, se retrouver et partager. Les parents sont enfermés dans une réalité masquée à la compréhension des enfants et parfois même à leurs propres compréhensions. Ces parents ont gagné le temps de s’user plus pour moins de temps à se réparer et à partager leurs savoirs. Cependant, les réflexes du partage existent toujours entre nous. Oui, à bien regarder, la solidarité est encore active.

Ceci dit, il nous faut plus encore la faire se développer. C’est elle qui permet l’épanouissement. Le Koudmen est en train de se métamorphoser et de prendre des formes diverses qu’il nous faudra identifier, consolider et institutionnaliser. C’est-à-dire que nous devons les reconnaître comme étant à nous. Que nous les revendiquions, déclarions et les pratiquions. C’est l’un des liens primordiaux entre les familles. Il est celui d’une filiation de solidarité. Une peuple-famille qui se configure comme un immense réseau de solidarité.

Car, se segmenter dans des oppositions basées sur les jugements de valeurs des uns sur les autres. Des oppositions basées sur des recherches de culpabilité, sur des formes de stigmatisation, pour des batailles imaginaires et parfois virtuelles, cela semble générer le retour à des attitudes propres à l’état de nature. Il s’agit de celles de l’isolement et de l’agressivité. Alors, qu’on se le dise, la violence des jeunes n’est pas aux jeunes. Elle est à la société. Elle est une violence présente dans notre société. Une violence qui passe par eux. Cette violence qui progresse en se banalisant. Car finalement, que constatons nous ? Que l’on s’habitue à l’horreur, à la cruauté, à la barbarie. L’on recherche les solutions à une manifestation du mal-être en pointant du doigt le jeune. Alors que, tel qu’il soit, il joue sont rôle. Il manifeste, d’une façon comme d’une autre, le bouleversement d’une société. Les jeunes ne sont pas une catégorie homogène. Ce qui les différencie entre eux, ce sont ces lieux d’enfermement qui mènent à la rupture. Car, ce sont des lieux de l’illusion de notre liberté. Une illusion qui est faite d’un fatal regard sur ici et là de nous. Alors, désormais sous nous yeux, le fatalisme est une attitude transmise. C’est cela qui nous interroge.

Il est un certain nombre de pratiques dans ce pays. Un bon nombre d’entre elles sont le fait d’une reproduction sociale. Un phénomène qui illustre le processus de transmission/appropriation. Or, de toute évidence, même si progrès ne rime pas seulement avec intensification et mutation de forme, c’est ce que l’on observe concernant un certain nombre de pratiques. Parmi ces dernières, nous voyons tout de même que certaines n’ont pas fait leurs preuves. Tel est le cas, des pratiques de la domination, de la servilité et de l’agressivité. Pourtant, elles sont reproduites comme dans une recherche de progrès. Quelle ironie ? Faire progresser ce qui fait mal. Ce qui n’apportent aucune satisfaction en matière de bien-être individuel et collectif.

De ce fait, il serait intéressant de penser adopter une comportementalité (une adéquation entre la mentalité et le comportement) différente. Elle serait dite positive. Dans le sens où, elle serait en quête d’un regard neuf perpétuel et continuel. Un regard qui tenterait d’appréhender les éléments essentiels dans leur globalité, leur totalité et leur précision utile.

Alors retenons qu’ « un Homme n’a pas tant besoin d’influence que d’exemple »."

Malik Duranty, qui figure parmi les chroniqueurs de notre site, est à 31 ans Doctorant en Sciences Politiques à l’UAG, et auteur entre autres de la préface du livre "Qui ne connaît pas M. Domota".

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  • Le temps et l’argent... 25 juillet 22:11, par Bitaco

    Ce texte me paraît abscons. Pour partager quelques idées avec tout un chacun, faut-il inventer un langage artificiel, qui n’apporte rien à la compréhension de la pensée, et parfois la compromet ? Là on n’est plus dans la science politique, mais dans quelque chose d’indéfinissable, incontestablement inadapté à l’objectif d’information et d’échange que semblait ambitionner « Politiques Publiques » Si chacun reste simple et s’efforce d’être clair, tout le monde y gagnera

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    • Le temps et l’argent... 27 juillet 16:36, par hoazin

      J’allais le dire... Depuis hier je me retenais de peur de passer pour un contestataire à tout va. C’est vrai, bien que pensant avoir certaines lettres, j’avoue que de telles lectures me sont indigestes et incompréhensibles comme pour bon nombre de lecteurs, j’imagine. Car, après lecture, perdu dans un tourbillon de réflexions sans issues pour cause de neurones en surchauffe..on se demande ou est l’idée principale sinon le message ?... La nouvelle façon de s’exprimer serait donc : Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, alors ? Serait ce là, l’unique façon de prouver son savoir ? Où est la pédagogie ?

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    • Le temps et l’argent... 28 juillet 05:22, par JEANBONBEUR

      Quand on ne sait pas briller par ce qu’on fait, on parle de manière compliquée pour masquer son inutilité. Si notre société future se construit sur des paroles qui font plaisir à celui qui les prononces alors bonne chance. Dommage pour politiques publiques, mais il y a certainement d’autres personnes dans cette société qui ont des choses plus concrètes à dire.

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  • Le temps et l’argent... 26 juillet 16:52, par bennyben

    Bcp de questionnement et un sombre tableau... un texte qui, je pense, veut nous mener à la réflexion sur nous-même et notre capacité à prendre le dessus sur le quotidien fait de course contre la montre. Certe, un texte poétique, mais qui parle bien de science politique : comment conçevoir notre société et réfléchir aux nouveaux challenges de celle ci. Il n’y a certes pas de piste bien définie, mais un questionnement auquel individuellement puis collectivement nous pourrons répondre.

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  • Le temps et l’argent... 30 juillet 16:17, par unevoix

    Eh bien, eh bien !!!! Quelque chose d’indéfinissable !!Lectures indigestes !!!Quand on ne sait pas briller par... Eh bien !!! Je ressens comme une pointe de je ne sais quoi !!dans vos commentaires. Moi, j’admire l’initiative, j’admire l’action ! Je trouve tellement dommage que certains s’appliquent à déprécier le travail d’autrui, si vous n’aimez pas, dites-le d’une simple phrase, la critique est constructive !! On le sait !! Mais se lancer dans un exposé d’insultes je trouve cela petit !! Enfin, ne dit-on pas qu’il faut de tout pour faire un monde ! Bravo jambonbeur et sa troupe, vous avez choisi votre camp !! Celui de l’inaction ! Bravo monsieur Duranty, j’ai pu enfin avoir une vraie réflexion, ça fait du bien !!!! Merci de réinventer la politique-publique.

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    • Le temps et l’argent... 31 juillet 22:07, par hoazin

      Voyons, critiquer le fait de s’exprimer par synecdoque, métonymie ou hypallage serait une insulte alors ? L’affectation n’est qu’une mauvaise rhétorique.

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    • Le temps et l’argent... 1er août 21:45, par JEANBONBEUR

      Au fait c’est JEANBONBEUR la véritable orthographe. Mais continuer à admirer mon ami. Celà vous rassure tant sur vous même. Quand à l’action, elle est ou ? Il faudrait aussi que ce cher Duranty apprenne en tant que chercheur-enseignant ou futur chercheur l’art de la simplicité, le principe universel de la clarification quand on communique. J’espère qu’il a déjà publié un article dans une bonne revue !!!

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  • Le temps et l’argent... 3 août 12:42, par Boris Hanot

    Bravo aux donneurs de leçon, aux gardiens de l’ordre établi, aux architectes de la bonne pensée, aux surveillants des codes de la pédagogie, de la recherche ou de la publication… Bravo à la critique facile presque gratuite, emprunte de dénigrement non plus d’un style ou d’une réflexion mais d’un individu… Bravo à ce courage, consistant à offrir à notre lecture vos réactions sous couvert d’anonymat et de pseudo pathétique... Je reconnais à chacun le droit de ne pas aimer ce style, moi, j’y trouve source d’inspiration et de réflexion, de conscience. « Le principe universel de la clarification quand on communique » … merci de ce petit divertissement ! Quant Césaire, Fanon, Kant, Rousseau, Chamoiseau se sont fait un nom… il fallait oser ! Il me semble pour autant que vous apportez votre pierre à la réflexion voulue par Politiques Publiques. Vous mettez le doigt sur un mal de notre société et d’une majorité de nos Hommes politiques, où s’installe une confusion entre politique et communication. L’enjeu n’est plus de bâtir une action politique collective, de la faire partager, mais devient un instantané populiste : la communication. Les mots sont aseptisés, la pensée javellisée… alors oui Malik, « un Homme n’a pas tant besoin d’influence que d’exemple »

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  • Le temps et l’argent... 3 août 19:56, par peggy

    je retiens ce regard humaniste si souvent délaissé par les autorités sur l’un des maux de notre société de consommation. Il est parfois simple de prétendre à de grands moyens pour combattre des disparités matérielles qui au delà de cela prennent fondement dans un aveuglement égoïste et individualiste. Ce texte a des attraits philosophiques qui se cadencent allègrement au verbe poétique. Il n’est pas futile de donner une dimension esthétique qui poussera le lecteur suffisamment alerte si il en est à ouvrir son âme. Désarticuler les convenances, aller plus profondément, retrouver l’essence de cet héritage : ce que nous oublions avoir été... la forme importe peu, car elle ne conviendra pas à tous, mais le fond demeure et c’est en cela que j’apprécie l’humilité de ce questionnement

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  • Le temps et l’argent... 4 août 15:12, par mamyvette

    Merci, Monsieur DURANTY, pour cet article : il est vrai que les mots employés ne sont pas les miens mais c’est la force de cette réflexion, elle me prend à rebrousse poil et m’oblige à m’interroger encore plus...j’avais déjà une petite idée sur la violence des jeunes, ancien prof, j’ai touché à cette réalité et à chaque problème je me disais : c’est aux adultes qu’il faut reprocher cette violence, une société ne peut être malade de ses jeunes, ce sont les adultes qui sont responsables...et puis ? et alors ? Dans cet article je trouve une force d’analyse, je trouve une envie d’agir et je salue cette voix si différente de tout ce qu’on entend,c’est un article qui ouvre le regard...

    messieurs ou mesdames les critiques,relisez donc "Lettre à un jeune poète de Rilke", celui qui écrit n’a pas besoin de la critique de l’autre, son seul travail porte sur son écriture et sur sa nécessité d’écrire

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