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Les élections...ou la paix

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Publié le 18/12/2009

Si l’énergie déployée depuis des mois et des mois en attaques et contre attaques, et depuis quelques jours en accusations et en défenses, avait été consacrée à la résolution des questions qui posent véritablement problème, le dossier du Lycée Schoelcher serait réglé depuis belle lurette...comme bien d’autres d’ailleurs.

Mais il se trouve que l’état de campagne électorale permanente dans lequel nous nous trouvons ne facilite évidemment pas le dialogue et le consensus : municipales en 2001, législatives en 2002 et 2003 (partielles au centre), Cantonales, Régionales puis Sénatoriales en 2004, présidentielles et législatives en 2007, municipales et cantonale en 2008...et nous n’en avons pas terminé ! Consultations et Régionales en 2010, Cantonales partielles en 2011, Présidentielles et Législatives en 2012, Sénatoriales par-ci, et j’en oublie certainement !

Oui nous aurons d’une manière ou d’une autre une simplification de la gouvernance. Qui ne touchera que les deux grandes assemblées. Resteront des Maires, des conseillers municipaux, des communautés, des députés, des sénateurs...des dizaines d’élus dont les préoccupations oscilleront toujours entre leur réélection, leurs comptes historiques ou contemporains à régler, et leur action publique.

Une tension politique permanente donc, des frustrations nombreuses et une violence latente qui traversent notre histoire...des éléments qui ajoutés au mille-feuille administratif français forment un coktail particulièrement improductif ici.

Les élections ou la paix...les campagnes ou le développement. Une nasse comme dirait l’autre. Et rien qui ne laisse augurer de lendemains meilleurs. Mais peut-être que je me trompe, et que je m’en rendrai compte quand mon pessimisme s’en ira, en même temps que mourra une année particulièrement difficile.

Franck SAINTE-ROSE-ROSEMOND

Cliquez ici pour lire les 9 commentaires

  • Les élections...ou la paix 18 décembre 2009 08:29, par titou

    Il me semble qu’en cas de victoire du 74, les elus qui doivent discuter de la loi organique sont, les deux présidents de collectivité, les députés, les sénateurs martiniquais. Comment feront-ils pour s’entendre alors qu’ils sont déjà adversaires et que les pro 73 seront les plus nombreux (Manscour, Almont, Letchimy, Larcher) contre Marie Jeanne et Lise. Comment être unis face au gouvernement dans ce cas ? Pouvez-vous m’apporter une réponse ? Merci pour un eventuel éclairage !

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    • Les élections...ou la paix 18 décembre 2009 10:51, par MNB

      Le but des indépendantistes n’est pas d’être unis pour faire avancer la Martinique dans un nouveau cadre institutionnel, ce qui réclamerait l’unanimité sur cette question. Mais leur but est d’instaurer la cacophonie et le chaos durablement afin de pouvoir réclamer l’indépendance rapidement. Le ton qui monte en ce moment de leur part est un nouveau signe de ce piège patiemment construit autour de la Martinique et de son Peuple ! Qu’importe la Loi Organique, puisque ce jeu est "à qui perd, gagne !", pour ces messieurs. La haine est leur moteur… or rien ne se construit dans la haine… C’est bien dommage, c’est ce genre de projet (l’autonomie dans l’article 74 de la Constitution et au sein de la République), lorsqu’il est construit par tout un peuple, ses représentants, et ses acteurs économiques ; qui a des chances d’aboutir à de l’espoir et des changements positifs…

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    • Les élections...ou la paix 20 décembre 2009 22:10

      Le débat politique qui a cours en ce moment est utile. On ne donnera jamais assez la parole aux Martiniquais, et les propositions qui leur sont faites pour qu’ils sortent du marasme dans lequel se trouve leur pays méritent discussion. Mais là où il y a problème, c’est quand le débat politique rend inaudible les plaintes de ceux qui souffrent de la crise. Or des dizaines de milliers de Martiniquais se trouvent depuis plus d’un an aux prises avec une dégradation économique sans précedent. Le nombre de chômeurs n’a jamais été aussi haut et va encore gonfler dans les mois à venir. Personne ne les entend, personne ne s’occupe d’eux. Il n’y en a que pour les élections à venir. Mais c’est maintenant qu’il faut porter secours à ces victimes. Ceux-là n’en peuvent plus d’attendre le changement et le passage au 74. Leur situation actuelle est intolérable et il faut leur venir en aide MAINTENANT ! Chômeur depuis 14 mois, je n’ai plus d’assedic depuis 2 mois et je n’en peux plus de ne pas avoir d’argent. Et autour de moi, je n’ai que des exemples de gens dans ma situation. Les choses aujourd’hui sont très graves en Martinique. Nous sommes des milliers à ne plus pouvoir patienter.

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  • Les élections et la paix, c’est possible ! 18 décembre 2009 18:18, par Martiniquaise responsable

    Je suis indépendantiste et conteste catégoriquement ce que tu dis MNB. Les indépendantistes ont toujours tenté le dialogue avec les autonomistes. C’est ainsi qu’Alfred MARIE-JEANNE et Claude LISE se sont rapprochés malgré le fait que Marie-Jeanne ait déchiré le rapport Lise-Tamaya. Alfred MARIE-JEANNE et Garcin MALSA se sont rapprochés malgré une vision différente de l’indépendance. Dans une approche conciliante, tous les partis indépendantistes du pays (MIM, MODEMAS, CNCP...) ont accepté de faire le petit pas que représente le passage à l’article 74, pensant ainsi qu’il y aurait une unanimité entre les partis autonomistes et indépendantistes.
    Cependant, ils ont eu une surprise incroyable : le principal parti autonomiste de l’île, le PPM, refuse l’autonomie offerte par l’article 74, s’apercevant brusquement que cet article ne conviendrait pas au prétexte notamment qu’il ne garantirait pas l’égalité et le maintien des acquis sociaux.
    En réalité, le PPM ne veut pas que le pays progresse vers plus de responsabilité.
    La loi organique est un faux débat.
    En France, il n’appartient pas aux élus locaux de rédiger un texte de loi et ce n’est pas non plus le peuple qui vote cette loi.
    Les Présidents Alfred MARIE-JEANNE et Claude LISE ont remis au Président de la République les délibérations du Congrès des élus sur les compétences.
    La ministre d’outre-mer a donné acte aux élus de ce qu’ils veulent que ce soit le principe d’identité législative qui prévale.
    Elle a déclaré que rien ne va changer concernant :
    - les acquis sociaux (protection sociale, retraite, RMI, etc.), puisque les lois et règlements nous seront applicables de plein droit, à l’exception des matières relevant des domaines de compétences de la nouvelle collectivité. Ainsi, les Martiniquais vont conserver les acquis sociaux.
    - la relation de la Martinique avec la France, puisque la Martinique continuera à faire partie intégrante de la République
    - la place de la Martinique au sein de l’Europe, puisque la Martinique demeurera une région ultrapériphérique (R.U.P.) et continuera à bénéficier des aides européennes.
    Maintenant que nous avons l’assurance que l’égalité sera garantie que va dire le PPM ?
    Qu’il nous faut d’abord expérimenter ? Attendre encore et encore ? Soyons sérieux, nous sommes dans le 73 depuis des décennies et nous pouvons tous objectivement constater qu’il a atteint ses limites.
    N’ayons plus peur !
    Ayons confiance en nous !

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    • Les élections et la paix, c’est possible ! 19 décembre 2009 14:32, par MNB

      Tu fais le constat toi-même de l’échec… avant même les élections…
      Cet échec n’est pas simplement issu des querelles entre indépendantistes et autonomistes… il est issu d’un désaccord avec le peuple… MIM, RDM, PPM, etc sont des partis historiques issus de la décolonisation et de la départementalisation… des partis de lutte, estimables de part les avancées certaines et les progrès sociaux qu’ils ont généré… Césaire, Fanon furent les étendars, les penseurs, les héraults de ces luttes, de cette quête d’égalité et de liberté…
      Or aujourd’hui, et depuis 1989, ces concepts sont usés… grâce en partie aux avancées que ces mêmes partis ont obtenu. Le monde lui, a changé… en bien ou en mal, la question n’est pas là… le monde est bouleversé, il s’est aussi resserré… les communications, Internet, les transports, les causes globales, le climat, etc… tant et tant de médias qui ont éloigné la Martinique de son isolement… la diaspora antillaise, les échanges constants des antillais du monde, ont aussi énormément changé le peuple martiniquais. Or vous réclamez et désirez une indépendance ou une autonomie qui date d’avant… d’il y a plus d’un demi-siècle !… Le peuple s’éveille au monde, et c’est signe de progrès, même si la situation est grave.
      En France c’est identique (et ailleurs… cf les Etats-Unis)… même si Sarko est arrivé au pouvoir, avec ses idées passéistes, élu par les vieux, dont les idées sont elles aussi arrêtées après-guerre… La jeunesse a explosé les barrières des races et des identités, et cette jeunesse va arriver au pouvoir sous peu !
      Les partis de France et de Martinique doivent se repenser… se refonder… pour suivre les aspirations de ce peuple martiniquais et français qui vit dans le monde et qui compte bien y participer !
      Il faut développer l’île, et aider la population à devenir vraiment autonome, dans leur vie, dans leur travail et dans leur monde !

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  • Les élections...ou la paix 19 décembre 2009 02:29

    Ce ne sont pas les élections qui posent problèmes. Après tout aucun peuple ne devrait se plaindre d’être consulté fréquemment. Vous vous arrêtez à la structure(les hommes, le mille feuille administratif) alors que le problème est la culture politique.

    Dans un pays ou tout espoir ne pouvait venir que de l’action publique et politique (la fameuse "passion de l’égalité" dont Landi ne regarde que ce qui l’arrange), l’importance de la structure qui en a résulté n’en est qu’une conséquence.

    Quand tous pensent que le salut viendra de l’action d’un pouvoir politique démiurge (merci qui ? le démiurge-poète en grande partie qui a sanctifié cette vision), ce qui ne laisse pas beaucoup de place au dialogue, à la concertation, au pragmatisme, et conduit à la bagarre de chapelles.

    Et ne laisse pas non plus la place a l’infra-politique : associations véritables, groupes de consommateur, groupes écologiques (quelle rareté jusqu’au année 2000 !), solidarité diverses, groupes de réflexion. Pour prendre l’exemple de ce dernier, il suffit de voir comment a été traité la créolité en Martinique par le pouvoir politique alors dominant. Toutes les approches politiques et économiques innovantes qui surgissait de ce mouvement pourtant littéraire à la base ont été broyés dans le même mouvement.
    Quand Confiant reproche à Césaire au début des années 90, d’avoir ignoré ce que l’on pourrait qualifier de mécanisme de micro-crédit "le sousou", pour privilégier une solidarité à la française. On lui a dit "tu es jaloux". Point.
    Le MIM ne déroge pas à cette pratique bien entendu.

    Parce qu’aussi, tous les hommes ambitieux qui veulent bien rester et vraiment faire quelquechose ne voient que la politique(avec un petit "p"). C’est notre culture telle qu’elle a été travaillé par 50 ans de départementalisation. Et c’est en ça que ça fatigue.

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    • Les élections...ou la paix 19 décembre 2009 13:27, par MNB

      C’est donc en ça qu’il est nécessaire de changer… refonder la politique martiniquaise, refonder les partis, leurs idéologies… les mettre à l’heure de 2010 et non de 1959… car depuis, le monde a changé, la France a changé, et le Martinique a changé, évolué ET s’est émancipée (pour beaucoup) !… Et pour cela le nationalisme, tel qu’il est construit en Martinique par les partis de pouvoir (MIM, PPM, etc), ainsi que les rapports avec ce même pouvoir et le peuple, doivent faire leur révolution, changer… ou mourir, et avec cette mort, apporter un chaos durable… ce que personne ne devrait souhaiter ! Rajeunissons la politique, mettons la à l’heure et dans le monde !

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  • Les élections...ou la paix 19 décembre 2009 13:34, par titou

    "La députée Christiane Taubira et le sénateur-maire Jean-Étienne Antoinette ont de nouveau écrit au président de la République au sujet de la consultation populaire. Dans un premier courrier, en date du 28 novembre, les deux parlementaires s’interrogeaient sur une déclaration de Nicolas Sarkozy lors de sa visite en Martinique : « Les compétences dévolues aux collectivités locales devront être financées par des ressources locales » .
    Or, Christiane Taubira et Jean-Étienne Antoinette rappellent que selon la Constitution, « tout transfert de compétences entre l’État et les collectivités territoriales s’accompagne de l’attribution de ressources équivalentes à celles qui étaient consacrées à leur exercice [...] » . Nos élus écrivent : « Le régime juridique dont l’article 74 constitue le cadre ne prescrit nullement le désengagement financier de l’État » . Ils demandent des « éclaircissements » à Nicolas Sarkozy « pour contribuer à la clarté et à la sincérité du scrutin » .
    En l’absence de réponse, les deux parlementaires ont relancé le président de la République dans un courrier daté d’hier".
    Les guyanais auraient-ils de meilleures oreilles que nous, alors que ce discours a été tenu chez nous ?

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  • Les élections...ou la paix 19 décembre 2009 13:36, par titou

    "La députée Christiane Taubira et le sénateur-maire Jean-Étienne Antoinette ont de nouveau écrit au président de la République au sujet de la consultation populaire. Dans un premier courrier, en date du 28 novembre, les deux parlementaires s’interrogeaient sur une déclaration de Nicolas Sarkozy lors de sa visite en Martinique : « Les compétences dévolues aux collectivités locales devront être financées par des ressources locales » .
    Or, Christiane Taubira et Jean-Étienne Antoinette rappellent que selon la Constitution, « tout transfert de compétences entre l’État et les collectivités territoriales s’accompagne de l’attribution de ressources équivalentes à celles qui étaient consacrées à leur exercice [...] » . Nos élus écrivent : « Le régime juridique dont l’article 74 constitue le cadre ne prescrit nullement le désengagement financier de l’État » . Ils demandent des « éclaircissements » à Nicolas Sarkozy « pour contribuer à la clarté et à la sincérité du scrutin » .
    En l’absence de réponse, les deux parlementaires ont relancé le président de la République dans un courrier daté d’hier".
    Les guyanais auraient-ils de meilleures oreilles que nous alors que ce discours a eu lieu en Martinique ?

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