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Politique

Les propositions du PPDG au Congrès des élus Guadeloupéens

Publié le 30/06/2009

Voici le discours prononcé par Jacques Bangou, Maire de Pointe-à-Pitre, au nom de son parti, le PPDG (Parti Progressiste et Démocratique Guadeloupéen), à l’occasion du Congrès des élus Régionaux et Départementaux de la Guadeloupe le 24 juin 2009. Outre qu’il place en préalable à toute évolution institutionnelle la conception d’un véritable projet pour la Guadeloupe et les guadeloupéens, il y défend - rien de surprenant à cela - une position identique à celle de Serge Letchimy, président du PPm en Martinique : une démarche en deux temps, de la création d’une collectivité unique dans le cadre actuel, à une évolution spécifique au terme d’une période de transition...

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Permettez tout d’abord, en liminaire de mes propos, que je puisse me féliciter de la tenue de ce Congrès en ce lieu chargé d’histoire, de notre histoire, et de symboles qu’est l’hémicycle du Conseil général de la Guadeloupe.

Je le dis avec beaucoup de gravité car les circonstances qui ont présidés au report de notre Congrès des élus m’ont interpellé sur la question de la démocratie représentative en Guadeloupe et la capacité de notre peuple à en accepter les règles, c’est à dire, les droits et les devoirs, et la nécessaire maturité pour respecter l’autre et apprendre ainsi à se respecter soi même.

Et je le redis avec force, quelle que soit la juste et légitime revendication, le fonctionnement de nos institutions doit être préservé et chacun doit veiller à ne pas entraver la bonne marche de celles-ci, non pour quiconque d’entre nous pris individuellement mais pour l’équilibre de notre pays et sa marche en avant au profit des générations à venir.

Les hommes passent mais les institutions demeurent pour le bon fonctionnement de notre démocratie.

Les élus que nous sommes ont reçu un mandat du peuple pour défendre ses intérêts et, le moment venu, s’ils ont failli, c’est par la voie démocratique qu’ils doivent être sortis sans appel du jeu politique.

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, notre parti , le parti progressiste démocratique Guadeloupéen, a été aussi embarrassé par le choix d’un « Congrès de la méthode » malgré notre appartenance sans faille aux majorités départementales et Régionales, qu’il ne l’a été sur sa participation formelle à des états généraux commandités par le président de la République fixant un calendrier personnel avec la perspective de choisir pour le peuple Guadeloupéen une méthode et une perspective venue du pouvoir central.

Car, et nous le voyons bien, le calendrier des élus Guadeloupéens et celui du président de la République se télescopent et cette semaine porte en elle les germes de confusions supplémentaires pour nos compatriotes s’agissant de leur devenir.

Nul ne sait si le champ de propositions faites par les uns ou imposées par les autres ne concernera que les préoccupations immédiates de la population en terme de pouvoir d’achat, de propositions économiques, de vie universitaire ou de question culturelle… ou si seront formulés par les uns ou par les autres, outre les réponses à ces demandes immédiates, des perspectives de construction pérenne de l’avenir de notre pays, la Guadeloupe, dans un cadre politique et administratif efficace, rassurant, sécurisant et valorisant. Enfin personne ne peut négliger le fait qu’une ressortissante de l’outre-mer, pour la première fois dans la Ve république, quelque soit son étiquette politique accède au secrétariat d’Etat à l’outre-mer.

S’il ne s’agit pour nous que de définir le cadre dans lequel nous allons consulter les guadeloupéennes et les guadeloupéens sur leur avenir, s’il ne s’agit pour nous que d’établir un conducteur, un calendrier, pour enregistrer et synthétiser leurs doléances, la démarche est juste et généreuse mais nous craignons qu’en dehors du Congrès les choix soient déjà faits et la position des élus nous semble affaiblie sans une affirmation de leur part claire sur la vision qui est la leur pour le pays Guadeloupe.

Cependant puisqu’il en est ainsi et qu’il s’agit de méthode, le PPDG souhaite faire part de sa proposition immédiatement, et à court et moyen terme pour l’émergence d’une Guadeloupe responsable, prenant en main son destin et celui de ses enfants.

S’agissant du constat, sur les 20, voire 30 dernières années, au gré des changements gouvernementaux, comme des évènements tout a été dit ou écrit sur la Guadeloupe.

Chercheurs, experts, spécialistes de toutes sortes, missions ministérielles, interministérielles, présidentielles, ont souvent conclu de la même manière, c’est-à-dire un archipel avec de très fortes potentialités, un taux de chômage des jeunes effarant et inacceptable, un tourisme en difficultés permanentes, une économie qui fluctue au gré des conflits sociaux, un département où le dialogue social est difficile, où la violence souvent importée à partir de modèles de comportement copiés ailleurs est en perpétuelle progression, mais aussi une région où les jeunes sont de plus en plus formés et où sur le plan humain il existe des succès et des exemples de réussite dans tous les domaines ; un pays qui a connu des taux de croissance supérieurs à ceux de la métropole pendant prêt d’une décennie avec un rythme de création d’emploi non négligeable quoiqu’insuffisant pour répondre à l’émergence de nouvelle générations de demandeur d’emplois et surtout un rythme de création qui n’a pas pleinement, loin s’en faut profité à la main d’œuvre Guadeloupéenne.

Voici brossés à grands traits, les contours de notre archipel, fort d’une richesse humaine d’un peu plus de 400 mille habitants, à la fois beaucoup pour un territoire restreint et bien peu au regard d’autres régions tant en métropole que dans le bassin caribéen.

Voici les contours de la Guadeloupe, celle que nous devons construire et inventer, avec, pour priorité l’Homme, l’Humain, au centre de son développement.

Le PPDG demande donc que face à l’urgence soient mis à plat les questions suivantes :

1-Mettre à plat le financement des collectivités locales de Guadeloupe et de leur compétence.

2-Proposer un plan d’urgence pour tous les jeunes au chômage, particulièrement les non qualifiés.

3-Définir une politique audacieuse d’équipements structurants pour une autonomie énergétique régionale.

4-Penser un projet ambitieux d’équipements de transports publics et permettre une circulation de tous les Guadeloupéens.

5-Définir une politique éducative en phase avec nos réalités sociales, culturelles, économiques, identitaires, permettant l’épanouissement des jeunes guadeloupéens dans une Guadeloupe installée dans une réelle perspective de développement.

7- poser la question de la gouvernance des structures parapubliques telles la SIG où l’Etat entend vendre ses parts en écartant les collectivités Guadeloupéennes

Le PPDG propose ensuite de construire un projet de société, proposer un modèle de développement de notre siècle, celui de la préservation de la biodiversité qui est justement une de nos richesses mais qui est fragile et pas éternelle, celui du changement de sources d’énergie, celui de l’adaptation à des changements climatiques aussi imprévisibles que redoutables.

Mais il demande également de construire aussi un cadre institutionnel qui enterre les schémas simplistes et caricaturaux de l’assimilation opposée à l’autonomie et à l’indépendance.

Or dans le combat politique récent nous politiques avons accepté d’être enfermé dans un combat opposant stérilement les tenants de l’article 73 de la Constitution et ceux de l’article 74.

Il nous semble aujourd’hui au PPDG, que le temps est venu de proposer une nouvelle voie, une nouvelle approche de notre évolution, toujours dans le cadre bien compris de la République qui évite un choix entre les articles 73 ou 74.

Notre démarche prend en compte, d’une part, les réalités politiques actuelles de notre archipel et, de l’autre, notre niveau de conscience par rapport à une quelconque évolution.

Elle pourrait s’articuler autour de deux axes.

Premièrement, une consultation immédiate ou à très court terme de nos populations, ayant pour objectif la mise en place d’une collectivité unique avec des compétences allant au delà de la simple addition des compétences départementales et régionales sur la base d’une expérimentation par habilitation sur une période de 5 à 10 ans. Nous pourrions faire enfin la vraie démonstration de notre volonté comme de notre aptitude à expérimenter des compétences dans des domaines aussi divers que le secteur social ou celui des finances. Remarquons au passage que la vie économique de notre pays, l’aptitude à l’investissement des collectivités locales et des communes de notre pays seraient réduites à néant aujourd’hui si nous ne gérions déjà deux sources d’impôts payés par les Guadeloupéens pour les Guadeloupéens : l’octroi de mer et la taxe sur les carburants. L’habilitation pourrait être demandée dans tous les domaines en tenant compte des aspirations formulées par la population selon la méthode retenue par le Congrès. Elle s’exercerait au travers d’une nouvelle gouvernance et, permettrait, sous le contrôle du peuple, de tester nos forces et nos faiblesses.

Deuxièmement, à l’issue de cette période, une nouvelle consultation serait organisée, avec pour objectif un changement définitif de statut sur la base de propositions élaborées et testées au cours de ces années d’expérimentation.

Cela signifie qu’au terme de la période d’habilitation le peuple Guadeloupéen se verrait proposé un cadre institutionnel qui ne se limiterait pas au simple choix cornélien du 73 ou du 74.

Nous pensons au PPDG que nous devons demander, pendant le temps de l’expérimentation, une révision de la Constitution prenant en compte toutes les aspirations des peuples d’outre mer et qui crée un cadre institutionnel qui comporte à la fois l’ouverture possible à une vraie autonomie avec des possibilités de légiférer sur certains domaines mais qui garantisse le droit à l’égalité citoyenne qu’ont obtenu nos ainés à grande lutte.

Ceci au sein d’une République française qui accepte enfin de regarder sa diversité comme une richesse à préserver au lieu de considérer les départements et territoires d’outre-mer comme embarrassants après qu’ils aient été pillés et exploités.

Voici donc, Mesdames et Messieurs, la proposition que nous formulons.

Elle a pour mérite, au terme de tous les processus possibles de concertation, de nous mettre à l’épreuve de la pratique quotidienne de la gestion de notre pays et de permettre une sanction populaire de cette gestion.

Elle a pour mérite de donner le temps de la construction juridique de la loi programme d’accompagnement de cette évolution pendant le temps de l’expérimentation. Le peuple Guadeloupéen n’aura plus à craindre alors d’acheter « chat en sac » mais se prononcera sur un contenu précis.

Elle a pour mérite de nous permettre, au cours des prochaines années, de mettre en place une véritable administration guadeloupéenne au service de la Guadeloupe.

Mais elle a surtout pour mérite de nous éviter de nous lancer précipitamment dans une quelconque aventure dont l’issue serait incertaine.

Car, passé le temps de la réflexion, nous pourrons accepter ou pas un quelconque changement de statut.

Voici donc la proposition que nous soumettons à votre réflexion et que nous défendrons auprès de nos compatriotes. Elle constitue à nos yeux une méthode efficace et efficiente pour parvenir à un objectif commun à terme : la prise en mains de notre destinée.

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  • Les propositions du PPDG au Congrès des élus Guadeloupéens 20 juillet 2009 18:37, par Dr Jacques ABEL

    Pour que cette période probatoire soit efficace, il est indispensable que l’information de chacun soit EFFECTIVE.

    Que cette information de toutes les données des problèmes soient présentées dans leur exacte vérité, avec preuves à l’appui.

    Moyennant quoi, il sera déterminant que le peuple de Guadeloupe a atteint la maturité nécessaire à un choix valable pour ses enfants.

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