Mathieu Kassovitz : "l’Ordre et la Morale"
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Avec "l’ordre et la morale", le réalisateur et acteur signe un film engagé et sensible sur les événements qui ont secoué la Nouvelle Calédonie en 1988.
La prise d’assaut de la gendarmerie de Fayaoué, pour soutenir des revendications politiques, avait dérapé, provoqué la mort de 4 gendarmes sur place, et la prise en otages de 27 autres, dont 16 emmenés dans une grotte sur l’ile d’Ouvéa.
Le film, basé sur le témoignage du capitaine du GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale), Philippe Legorjus, retrace sa vision des événements d’Ouvéa : son combat perdu pour tenter de rapprocher les positions des uns et des autres dans une période électorale cruciale : les présidentielles françaises. Il souligne également le peu de connaissance et d’intérêt que manifestent les dirigeants français pour les peuples de leurs anciennes colonies.
La raison électorale l’emportera. Pas question - selon Mathieu Kassovitz - pour le pouvoir central et son représentant Bernard Pons, alors ministre des DOM-TOM, de céder à la moindre demande, d’admettre que cette prise d’otages est considérée par les kanaks eux-mêmes comme un accident et une entorse à leur culture, ni même d’entendre les propositions de sortie de crise de philippe Legorjus.
Un assaut sanglant sera donné le 5 Mai 1988, provoquant la mort de 19 kanaks et de 2 militaires français. Il provoquera la signature entre Etat (Michel Rocard devenu 1er ministre) et FLNKS des accords de Matignon, et l’enclenchement d’un processus d’autodétermination qui devrait déboucher sur un référendum en 2014.
Le film, resté à l’affiche plusieurs semaines dans les salles du groupe Elysée dans les DOM, n’a pas été accepté par l’unique cinéma de Nouméa.
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