Prison de Ducos : Le sombre bilan du sénateur Larcher
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Ci-après la question écrite posée le 22 juillet 2010 par le sénateur Larcher à la Garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie, relative à la situation de la prison de Ducos. Les conditions de détention des personnes, et de travail des personnels sont l’objet de fréquentes interpellations des syndicats, et de mouvements de grogne réguliers de la part des personnels. Le sénateur de la Martinique rappelle ici au gouvernement les principaux problèmes que rencontre le centre pénitentiaire, et propose le renforcement des effectifs, et la construction sur des terrains disponibles d’une extension à la prison.
"M. Serge Larcher attire l’attention de Mme la ministre d’État, garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés, sur la situation particulièrement inquiétante de l’établissement pénitentiaire de Ducos à la Martinique.
Cette unique prison de la Martinique, qui fait également office de centre de détention des personnes étrangères, se trouve confrontée à des problèmes de surpopulation carcérale et de sous-effectif du personnel de surveillance. En juillet 2009, elle a connu un pic de 920 détenus pour 570 places. Le quartier des entrants, le plus surpeuplé, comptait alors 59 détenus pour 15 places. Cette situation ne peut que s’aggraver puisque plus de 500 peines ne sont pas encore exécutées.
Ce trop-plein carcéral principal facteur de détérioration des conditions de détention augmente les tensions et la violence quotidienne et rend le travail des surveillants de plus en plus difficile.
C’est dans ce contexte que le Gouvernement a annoncé un projet d’extension de 160 places supplémentaires. Mais, paradoxalement, le dispositif prévu, qui vise à accroître la capacité d’accueil au moyen d’une extension interne, ne fera qu’aggraver la situation. En effet, afin de construire ces nouvelles structures, il est prévu de supprimer les plateaux sportifs et ateliers de travail en concession pour la population pénale.
Or, en raison du taux de chômage que connaît notre département, une grande partie de la population pénale ne travaille pas. Le sport est de ce fait une activité indispensable qui permet au détenu de se défouler. La suppression du terrain de football est une erreur qui risque d’avoir des conséquences très graves et qui inquiète déjà tous le personnel pénitentiaire. Cette détérioration des conditions de vie en détention aura également des répercussions sur la sécurité des citoyens.
Un accroissement de capacité extra-muros permettrait, au contraire, de respecter l’obligation d’activité des détenus améliorant ainsi les conditions de détention et de sécurité. De plus, cette construction nouvelle est possible car il existe une réserve foncière à proximité du centre de Ducos.
Les Martiniquais ne comprendraient pas que le Gouvernement persiste dans la création de cette véritable poudrière qui consiste à supprimer l’espace de vie dont bénéficient actuellement les détenus.
Aussi il lui demande si le Gouvernement envisage, pour remédier au fléau de la surpopulation et aux conditions pénitentiaires catastrophiques, de mettre en œuvre de véritables solutions comme l’augmentation de personnel ou l’accroissement des capacités d’accueil par la construction d’une nouvelle prison, et dans quel délai."
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